A vos marques, Prêtes ? Partez !

A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, Voix d’Europe fait l’état des lieux de la présence des femmes dans le monde sportif. 

Le 3 juillet dernier, l’Europe entière s’émerveillait devant la prouesse de l’équipe islandaise de football. La représentante d’une île d’à peine 330 000 habitants au nord du contient arrivait en quart de finale d’une compétition d’envergure et affrontait la France. Toutefois, en matière de sport, les commentateurs sportifs ont parfois la mémoire courte.

Effectivement, en 1995, l’Islande se qualifiait aussi pour les quarts de finale. Mais il ne s’agit pas là de l’équipe masculine de football, mais de leurs homologues féminines. Des filles à qui on refusait l’accès au gazon aux horaires les plus commodes pour elles (assez tôt le matin ou tard le soir) et pour qui on n’avait pas la même considération. Malgré tous les obstacles qu’elles ont dû surmonter, les footballeuses islandaises se classent 16ième mondiales quand les hommes n’arrivent qu’à la 34ième place…

Un écart médiatique

Et il n’y a pas qu’en Islande où les joueuses de football sont malmenées. La France, qui pourtant pourrait s’enorgueillir d’une très honorable 3ième place mondiale, fait fi de ses joueuses. On ne s’intéresse à elles seulement quand elles gagnent. Par exemple, qui savait que la Coupe du monde de football féminin se tenait au Canada jusqu’au 5 juillet 2015 ? Personne.

Personne ne s’arrache non plus les droits de retransmission des matchs, alors qu’ils font l’objet d’intenses disputes lorsque l’on aligne 11 garçons sur le terrain. Une impopularité dont souffrent les femmes qui pratiquent le football. Dans les journaux, un tout petit encart est réservé aux exploits sportifs des joueuses, qui, de plus, peuvent s’estimer heureuses si une photo les représentant accompagne l’article.

L’inégalité peut également se lire dans les salaires moyens. Si Beckham, Ronaldo ou Ibrahimovic touchent des millions dès qu’ils shootent dans un ballon (ou non, d’ailleurs), ce n’est pas le cas de Méline Gérard, Alexandra Popp ou Pernille Harder, également membres de sélections nationales. Toutes devront redoubler d’efforts pour un salaire qu’un amateur refuserait illico.

« Tu cours comme une fille »

Une discrimination qui commence dès l’enfance, à travers les clichés sexistes que l’on peut rencontrer à l’école. Aux yeux de certains, il y aurait des sports réservés aux filles (la gymnastique, la danse ou l’équitation) dans lesquels on renforce leur grâce naturelle, et d’autres réservés aux garçons (rugby, football ou natation) où ils peuvent montrer leur force et leurs pectoraux impressionnants. Une fille qui aime jouer au foot est vite qualifiée de « garçon manqué » et, inversement, un garçon qui s’épanouit dans la danse devient « une mauviette ».

Il n’est donc pas étonnant qu’en grandissant, les préjugés s’intensifient. C’est en partie pour cela que les équipes féminines, de foot ou de rugby, par exemple peinent à se faire une place au soleil.

Pour que les médias européens commencent à s’intéresser à leurs performances, elles doivent être déjà en quarts ou en demi-finale. Pour faire honneur à son pays, une femme doit courir deux fois plus vite qu’un homme, être plus rapide mais pas moins féminine, au risque de voir attribuer sa victoire à une carrure « hommasse ».

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Des préjugés qui changent lentement

Petit à petit, à force de victoires et de parcours internationaux remarquables, voire meilleurs que chez les hommes, les femmes envahissent les terrains de sport. En France, on compte aujourd’hui 2 400 licenciées en foot contre 4 600 hommes pour la même discipline. Même si l’écart est encore grand, c’est tout de même 2% de plus qu’il y a 10 ans.

Cependant, les contrats professionnels offerts aux sportives de haut niveau sont trop inexistants. En Islande par exemple, ils sont tellement rares que pour gagner sa vie en pratiquant un sport à haut niveau, les femmes doivent être recrutées par des clubs étrangers, plus prompts à engager des joueuses que la petite île nordique. Certaines ont fait leurs armes et une bonne partie de leur carrière en Scandinavie, avant de rejoindre l’équipe nationale islandaise où elles font -un peu- la fierté de leurs compatriotes.

Les choses changent, sans nul doute, mais cela prend du temps. La Commission Européenne a décidé de promouvoir, d’ici 2018, le sport féminin à la télévision, via la chaîne Eurosport. Son objectif est d’accroître d’au moins 30% la part de sport féminin sur les ondes télévisées, de donner plus de chances aux coaches femmes dans les clubs et de réduire les stéréotypes sur les hommes et les femmes. Une initiative prise en 2013 et qui tarde cependant à s’instaurer.

Chloé LOURENÇO

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