Rencontre Merkel-Trump sous haute tension

  La chancelière allemande Angela Merkel a rencontré pour la première fois le président des Etats-Unis Donald Trump à Washington. Après la visite polémique de la Première Ministre britannique Theresa May en janvier dernier, c’est un face-à-face tendu qui a eu lieu entre les dirigeants des deux plus grandes puissances européenne et mondiale.

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Une poignée de main… qui n’a pas eu lieu

   Alors qu’il avait récemment accordé à son homologue japonais une poignée de main qui avait duré près de vingt secondes, le président américain a tout simplement refusé de serrer la main de la chancelière lors de leur rencontre à la Maison Blanche. Le refus n’a certes pas été particulièrement explicite, mais il a été assez clair pour mettre les journalistes et Angela Merkel elle-même dans l’embarras.

  Devant les caméras, les deux dirigeants sont apparus plutôt distants et peu communicatifs. Après de longues secondes d’attente et face au manque de proximité flagrant qu’il y avait entre eux, les photographes se sont finalement risqués à réclamer à plusieurs reprises une poignée de main entre Donald Trump et Angela Merkel – des demandes qui resteront sans réponse jusqu’à la fin de la séance photo. Malgré la bonne volonté de Mme Merkel (« Do you want to have a handshake ? » a-t-elle demandé), le président des Etats-Unis est resté de marbre, préférant fuir sa voisine du regard.

  La scène a fait le tour du monde, suscitant l’incompréhension et la gêne de tous ceux qui y ont assisté. C’est finalement au terme de la conférence de presse qu’ils ont tenue ensemble que Donald Trump a pris l’initiative de serrer la main d’Angela Merkel, comme pour éviter tout scandale diplomatique. L’ambiance glaciale qui régnait entre les deux dirigeants n’est toutefois guère étonnante quand on sait que le président des Etats-Unis avait de nombreuses fois critiqué la politique de Mme Merkel et notamment son accueil des réfugiés en Europe.

merkel trump

Crédits photo : Courrier international

OTAN : une augmentation des dépenses militaires pour l’Allemagne ?

   La rencontre avec la chancelière à Washington a également été l’occasion pour l’exécutif américain de souligner que l’Allemagne devait « d’énormes sommes d’argent à l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) » pour compenser les efforts de défense « très puissante et très coûteuse que les Etats-Unis fournissent [au pays] » .  Si la déclaration peut paraître surprenante venant du candidat qui a toujours qualifié l’Alliance atlantique d’ « obsolète » , c’est bel et bien un Donald Trump déterminé à faire payer ses alliés qui s’est exprimé au cours de cette conférence de presse. Angela Merkel n’a cependant pas rejeté cette idée et a affirmé sa volonté de respecter l’objectif de contribution de 2% du PIB de  l’Allemagne au budget de l’OTAN.

Des sujets plus sensibles : le commerce et l’immigration

   « Je ne suis pas un isolationniste, je suis un partisan du libre-échange » , a lancé Donald Trump alors qu’il était interrogé par un journaliste sur sa politique commerciale, souvent résumée par la formule « America first » (L’Amérique d’abord). Suite à ses critiques sur la manière dont l’Allemagne gérait les accords avec les Etats-Unis, Angela Merkel s’est empressée de rectifier M. Trump en déclarant que l’Union européenne était à l’origine des négociations des accords commerciaux, et non l’Allemagne elle-même.

   Déjà très vive, la tension s’est amplifiée lorsque le sujet de l’immigration a été mis sur la table : « L’immigration est un privilège, pas un droit. La sécurité de nos citoyens doit passer avant tout. », a déclaré le président américain en faisant référence à son décret anti-immigration. La dirigeante allemande, qui avait condamné la politique migratoire de Donald Trump, a de son côté rappelé la nécessité d’aider les réfugiés à construire leur vie là où ils se trouvent.

   En dépit de leurs points de vue divergents sur de nombreux sujets, il semble que Angela Merkel et Donald Trump aient au moins « quelque chose en commun » , comme l’a fait remarquer le président : leur mise sur écoute par l’administration Obama (bien que celle de M. Trump soit à prouver). Il y a en tout cas de fortes chances pour que cette anecdote reste leur seul point en commun pendant toute la durée de leurs mandats.

Virginie CARDOSO

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