Auguste Rodin, père de la sculpture moderne

  L’année 2017 marque le centenaire de la disparition de l’un des plus grands sculpteurs français : Auguste Rodin. A cette occasion, une exposition monumentale est consacrée à l’artiste au Grand Palais à Paris, combinant sculptures du maître et de ses admiratifs successeurs. Retour sur le parcours de l’illustre père de la sculpture moderne.

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Auguste Rodin dans son atelier à Meudon (crédits photo : Le Figaro)

Des débuts difficiles

  Si Auguste Rodin est célèbre pour son talent de la sculpture, c’est pourtant avec le dessin qu’il commence son parcours d’artiste à l’adolescence. Âgé seulement de 14 ans, Rodin intègre l’Ecole spéciale de Dessin et de Mathématiques à Paris (plus connue aujourd’hui sous le nom d’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs), où il se formera auprès d’Horace Lecoq de Boisbaudran, un artiste peintre de renom. C’est à cette période qu’il perfectionne sa maîtrise du dessin et décide d’étudier la sculpture.

  Malgré un parcours caractérisé par la réussite et le talent, Auguste Rodin échoue à trois reprises au concours d’entrée à l’Ecole des Beaux-Arts. Il persévère cependant et commence à se consacrer exclusivement à la sculpture en étudiant notamment chez les Pères du Très-Saint-Sacrement et au Museum d’Histoire naturelle, avec l’artiste Antoine Louis Barye.

  Auguste Rodin apprend beaucoup de ses collaborations avec de grands sculpteurs (comme Albert Ernest Carrier-Belleuse, entre autres), mais essuie plusieurs échecs, en particulier aux Salons de peinture et de sculpture de 1865 et 1875 où son oeuvre L’Homme au nez cassé n’a guère suscité l’intérêt des grandes figures des Beaux-Arts.

   Il part alors en Italie où il se nourrit des oeuvres des artistes de la Renaissance, ce qui l’inspirera pour la création de l’une de ses sculptures les plus célèbres : L’Âge d’airain. Mais, une fois encore, le succès n’est pas au rendez-vous et Rodin est vite accusé d’avoir moulé sa figure sur un corps humain. Le sculpteur sera miné par ces accusations. Il se lance dans d’autres oeuvres, rencontrera d’abord des difficultés puis obtiendra enfin une première reconnaissance de son travail au Salon de 1879 pour son Buste de Saint-Jean-Baptiste.

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L’Âge d’airain (crédits photo : Musée Rodin)

La consécration

   Ce n’est qu’en 1880 que la grande carrière d’Auguste Rodin, telle que nous la connaissons aujourd’hui, débute. Le sculpteur a alors 40 ans. L’Etat français acquiert sa sculpture L’Âge d’airain et lui commande une porte pour le futur musée des Arts décoratifs. La porte en question n’est autre que l’oeuvre la plus monumentale de Rodin, à savoir La Porte de l’Enfer, inspirée par La Divine Comédie de Dante Alighieri. Cette réalisation, de par son réalisme et sa précision, vaudra à l’artiste un succès remarquable et lui permettra de développer a posteriori certaines figures conçues initialement pour la Porte, comme Le Penseur.

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La Porte de l’Enfer (crédits photo : Musée Rodin)

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Le Penseur

  Les années qui suivront seront marquées par la gloire et les grandes créations : Les Bourgeois de Calais et Le Baiser donneront à Auguste Rodin la reconnaissance qu’il attendait, si bien qu’en 1887, il est fait Chevalier de la Légion d’honneur. Admiratifs devant les prouesses du sculpteur, l’Etat français et d’autres sociétés artistiques lui passent par la suite plusieurs commandes d’oeuvres, telles que Le Monument à Victor Hugo et Le Monument à Puvis de Chavannes, qui seront exposées aux Salons de la Société nationale des Beaux-Arts. La fin du XIXème siècle est en effet une période particulièrement prolifique pour Rodin.

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Le Baiser

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Les Bourgeois de Calais (crédits photo : WikiPhedias)

XXème siècle : entre mondanité et retraite

  Le XXème siècle s’ouvre ensuite à Rodin, qui décide d’étendre son succès aux plus hautes sphères de la société. Il entreprend de très nombreuses expositions, en France mais aussi ailleurs en Europe, où il invite des artistes, des écrivains et des collectionneurs à admirer ses chefs-d’oeuvres. Sa renommée grandit d’autant plus qu’il fait à cette période des rencontres décisives : Rodin se lie d’amitié avec le poète autrichien Rainer Maria Rilke et croise le chemin de plusieurs clients fortunés qui lui passeront eux aussi des commandes de sculptures. L’artiste plonge alors dans l’ivresse de la mondanité. En 1904, il expose son très célèbre Penseur – oeuvre qui lui vaudra une gloire sans précédent.

  L’activité d’Auguste Rodin ralentit ensuite progressivement, en raison de l’éclatement de la Première Guerre Mondiale. Le sculpteur vieillit, connaît quelques déceptions durant ses dernières années, puis tombe gravement malade. Très affaibli par la malade et attristé par la disparition de sa femme, Rodin s’éteint le 17 novembre 1917. La guerre a malheureusement empêché le gouvernement français de l’époque d’organiser des funérailles nationales dignes de l’artiste.

  Depuis plus d’un siècle, Auguste Rodin reste considéré comme le père de la sculpture moderne. L’exposition qui se tient en ce moment au Grand Palais à Paris retrace son parcours et revient sur l’influence de son travail sur la génération d’artistes qui lui a succédé.

A voir : Rodin. L’exposition du centenaire, du 22 mars au 31 juillet 2017 au Grand Palais à Paris.

Virginie CARDOSO

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