Diagnostics médicaux faits via votre smartphone

Est-ce qu’un smartphone peut détecter l’état dépressif ou suicidaire de son utilisateur ? C’est du moins ce qu’espère le docteur Thomas Insel, psychiatre et ancien chef de l’Institut national de santé mentale (NIMH), qui a fait de la recherche sur les maladies mentales une priorité.

mental-health-2019924_1920

Innover pour mieux détecter les maladies mentales

Depuis une quinzaine d’années, de plus en plus en plus d’entrepreneurs qui travaillent sur les troubles mentaux surveillent le comportement des utilisateurs de smartphone. L’idée est de détecter une large variété de symptômes et les conséquences qui en découlent. « On apprend beaucoup de la façon dont on se sert de son téléphone et de la façon dont on tape sur le clavier : la vitesse, le temps de latence… » explique Thomas Insel. Ce docteur en psychiatrie avait rejoint Alphabet, un conglomérat d’entreprises qui dépend de Google et de ses filiales en 2015. Il a annoncé le 10 mai 2017 sa démission d’Alphabet pour créer sa propre société de recherches sur les troubles mentaux.

Selon lui, la réponse à de nombreuses questions se trouve dans l’innovation et dans les nouvelles technologies. Son entreprise, Mindstrong doit déterminer si le comportement de l’utilisateur de smartphone peut aider à prévenir les risques de suicide, de dépression ou de schizophrénie. Il a mis au point une application qui compile une quantité importante de données et les analyse. Il faudra néanmoins qu’elle soit téléchargée par l’utilisateur : si elle avait été préinstallée, cela aurait pu passer pour de la surveillance.

on peut tout faire avec un smartphone, ou presque – Thomas INSEL 

Un diagnostic précoce pour un meilleur traitement

Selon l’OMS, quelques 30% de la population mondiale connaîtront un trouble mental au cours de leur vie, et la majorité ne sera pas soignée correctement. Rien qu’aux Etats-Unis, 90% des suicides ont un lien avec des problèmes mentaux : bipolarité, schizophrénie, dépression… Les smartphones, qui envahissent nos vies, peuvent être un excellent moyen de combler le vide, car comme le souligne Thomas Insel, « on peut tout faire avec un smartphone, ou presque. Il ne s’agit pas seulement de diagnostiquer le malade, on peut aussi faire des visites médicales virtuelles avec des infirmiers et un coach ». Un remède au manque de psychiatres aussi.

A l’heure actuelle, aucun résultat n’est probant : le diagnostic via un smartphone n’en est qu’à son balbutiement. Personne ne peut dire que cette technologie changera la vie des gens sur le long terme. Cela vaut toutefois la peine d’essayer, car il y a trop peu de choses faites dans le domaine des maladies mentales.

Plus la maladie est détectée rapidement, meilleur sera le traitement et, par conséquent, la vie du malade sera considérablement améliorée. La maladie mentale ne fait pas exception à la règle. Et certains indicateurs sont plus subtiles que d’autres : une personne maniaque peut subitement être prise de fièvre acheteuse alors qu’un dépressif va petit à petit couper les ponts avec ses proches. L’application développée par Thomas Insel peut prévenir ses changements de comportement brutaux et inexpliqués. Il souhaite ainsi créer un « phénotype digital », c’est-à-dire une cartographie des maladies mentales et des changements comportementaux qui lui sont associés.

Du NIMH à Mindstrong en passant par Google Life Science

Né le 19 octobre 1951, Thomas Insel aura passé 13 ans à la tête du NIMH. Il aura dédié sa vie à la recherche sur les troubles mentaux. Directeur du Center for Behavioral Neuroscience de l’université Emory d’Atlanta (Georgie, Etats-Unis), il a surtout étudié l’ocytocine et la vasopressine, deux hormones qui régulent les comportements sociaix tels que l’attachement ou les soins parentaux. Au début des années 1980, il a mené de nombreuses études sur les troubles obsessionnels compulsifs.

Dans une conférence TEDx de janvier 2013, Thomas Insel expliquait déjà que grâce aux améliorations de la détection précoce, le taux de mortalité dû aux maladies cardiaques avait chuté de 63% par rapport aux décennies précédentes. Il se demandait alors s’il n’était pas possible de faire la même chose avec la schizophrénie.

Pour aller plus loin, cliquez ici

Chloé LOURENÇO

 

2 réflexions sur “Diagnostics médicaux faits via votre smartphone

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s