Élections législatives au Royaume-Uni : à la recherche de la majorité absolue

  C’est une période politique difficile qui s’annonce pour le Royaume-Uni : le 8 juin dernier, les conservateurs ont remporté les élections législatives anticipées, mais ont perdu leur majorité absolue. Les Tories ont ainsi perdu une quinzaine de sièges au Parlement, tandis que les travaillistes en ont gagné une trentaine. Retour sur le bras de fer qui s’est joué entre les deux grands partis britanniques.

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Un nouveau gouvernement pour une majorité absolue

  La Première ministre britannique Theresa May espérait gagner facilement ces élections législatives, le scrutin en a pourtant décidé autrement : avec 318 sièges gagnés au Parlement, les conservateurs ont bien rempli leur objectif de remporter les élections, mais n’ont pu obtenir la majorité absolue (soit 326 sièges) nécessaire pour gouverner le pays. Cet échec a poussé la cheffe de l’exécutif à reporter le début des négociations du Brexit, le temps de trouver une solution au résultat de cette élection.

  Face à une telle situation politique embarrassante, Theresa May n’a eu d’autre choix que de former, après approbation de la reine Elizabeth II, un nouveau gouvernement en s’alliant avec le Parti Unioniste Démocrate (PUD), le petit parti nord-irlandais considéré comme ultraconservateur. Avec le soutien de ce parti, la Première ministre obtient bien la majorité absolue nécessaire pour gouverner sans difficultés au Royaume-Uni. La cheffe du parti PUD Arlene Foster et Theresa May se sont ensuite entretenues afin de décider ensemble des moyens apporter plus de stabilité au pays et de mettre en place les négociations du Brexit telles qu’elles l’entendent.

  Le parti conservateur britannique n’est est pas à sa première alliance avec un parti irlandais quand il s’agit de former un gouvernement stable. L’ancien Premier ministre John Major avait pris la même décision en 1996 avec l’Ulster Unionist Party et avait par conséquent pu prendre la tête du pays. Des compromis qui semblent devenir une habitude chez certains Tories en détresse politique.

Le grand bond inattendu du parti travailliste

  Ces élections anticipées ont également été marquées par l’ascension fulgurante du parti travailliste incarné par Jeremy Corbyn, qui était il y a encore quelques semaines moqué par la plupart des médias britanniques. Alors que les conservateurs ont perdu une quinzaine de sièges au Parlement, les travaillistes, eux, en ont récolté une trentaine de supplémentaire, soit 262 au total.

  La réaction enthousiaste du chef du parti ne s’est pas fait attendre : « Quel que soit le résultat final, notre campagne positive a changé la politique pour le meilleur », a-t-il déclaré sur Twitter. Jeremy Corbyn a ensuite appelé à la démission de Theresa May, soulignant que cette élection constituait un véritable désaveu pour elle.

  Si certains affirment qu’il s’agissait plutôt d’un vote anti-conservateur que d’un vote pro-Labour, d’autres mettent en avant le fait que Jeremy Corbyn a été le plus proche du peuple britannique durant toute la campagne électorale. En s’adressant directement aux classes populaires et en promettant un Etat providence plus généreux, le leader des travaillistes a réussi à convaincre bien plus d’électeurs que prévu, à la surprise générale de la classe politique britannique. Une stratégie qui semble avoir payé pour le Labour, désormais séparé de moins de 100 sièges des conservateurs.

Quelles conséquences sur le Brexit ?

  Avec cette élection, Theresa May espérait obtenir une majorité forte pour pouvoir négocier le « hard Brexit » qu’elle défend avec ferveur. Le résultat du vote n’a cependant pas confirmé cette ambition et n’a pas non plus clarifié la ligne directrice des négociations pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

  A ce jour, on ignore encore qui sera le négociateur ou la négociatrice en chef pour le Brexit du côté britannique. Il n’y a pas non plus eu de précisions concernant la feuille de route que le pays adoptera à Bruxelles au moment des négociations. Affaiblie par le scrutin, Theresa May aurait des difficultés à s’imposer en tant que négociatrice en chef. Toutefois, si la Première ministre venait à endosser ce rôle, il y aurait des chances pour que le Royaume-Uni quitte le marché unique, voire même l’union douanière. Il ne reste désormais plus qu’une semaine avant l’ouverture officielle des négociations, pourtant le Royaume-Uni semble plus indécis et plus désuni que jamais.

Virginie CARDOSO

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