Retour sur Terre pour Thomas Pesquet

La tête encore un peu dans les étoiles, mais les pieds bien sur terre. Thomas Pesquet est revenu de sa mission dans l’espace, après avoir passé 6 mois à plusieurs milliers de kilomètres du plancher des vaches, dans la station spatiale internationale. L’incroyable aventure qu’il nous a fait vivre via ses fabuleux clichés de la Terre a également mis en lumière l’Agence spatiale européenne (ESA en anglais), la cousine de la désormais célèbre NASA.

La course aux étoiles européennes

L’ESA est une agence spatiale intergouvernementale qui coordonne les projets spatiaux d’une vingtaine de pays européens. Avec un budget de presque 6 millions d’euros, c’est la troisième agence spatiale du monde, derrière la NASA et l’agence spatiale fédérale russe. Sa naissance est assez rocambolesque : dans les années 1960, la course aux étoiles devient un but que de nombreux pays souhaitent atteindre. Si les Etats-Unis et l’URSS faisaient la course en tête, la France et le Royaume-Uni tentaient tant bien que mal, avec des moyens très limités, de se faire une place. L’idée fera des émules, puisque quelques années plus tard, la RFA les rejoindra.

En 1962 est lancé le Centre européen de recherches spatiales (CERS) dont l’objectif est de réaliser des satellites scientifiques. La même année, le Centre européen pour la construction d’engins spatiaux est créé. L’Europe s’est donc dotée de deux organisations dont les objectifs sont distincts : l’un scientifique, l’autre non. Cependant, les deux entités peinent à exister séparément face aux deux mastodontes mondiaux. Les principaux pays membres investis ont chacun des priorités différentes, ce qui freine l’avancée des recherches, et découlent sur des résultats trop modestes.

En 1975, la Convention de l’Agence spatiale européenne entérine la naissance de la nouvelle agence. Son fonctionnement repose sur des programmes obligatoires dont la contribution est proportionnelle au PIB de chaque Etat-membre, et des programmes facultatifs. Cela permet ainsi de respecter les priorités de chaque pays.

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Portrait officiel de Thomas Pesquet

La première fois que j’ai vu l’ISS, j’ai cru que j’étais dans Star Wars

 

Thomas Pesquet : un astronaute chanceux

Le 17 novembre 2016, le spationaute européen décolle de la base russe de Baïkonour pour une mission de 6 mois à bord de la Station spatiale internationale (ISS en anglais). Du fait d’une participation moindre à la construction et à la maintenance de l’ISS par rapport aux Etats-Unis et à la Russie, l’ESA ne peut envoyer, à chaque mission, qu’un seul astronaute européen à la fois. Thomas Pesquet sait qu’il est un privilégié. Ancien pilote, il va réaliser le plus inoubliable de ses voyages. Il le dira lui-même : « La première fois que j’ai vu l’ISS, j’ai cru que j’étais dans Star Wars ». Il est le 10ème Français à voler dans l’espace et le 2ème à rester longtemps à bord de l’ISS.

La mission PROXIMA qu’il devait mener à bien entre novembre 2016 et juin 2017 s’est déroulée sans anicroche. Sa principale tâche aura été de réaliser des expériences scientifiques et médicales, notamment sur le vieillissement artériel. Le point culminant de cette fantasstique aventure a sans aucun doute été ses deux sorties extravéhiculaire, pendant lesquelles il n’était relié à l’ISS que par un cordon ombilical impressionnant. « On devient son propre vaisseau, on est suspendu à 450km au-dessus de la Terre. Même si le spectacle est très beau, on sait qu’on ne doit pas trop regarder en bas et rester concentré », a-t-il confié à Marc-Olivier Fogiel sur RTL. Chose extraordinaire, on apprend en l’écoutant, que la Station est pourvue du téléphone, et qu’il pouvait recevoir les e-mails, ce qui lui a permis d’avoir sa femme en ligne tous les jours. Le 2 juin, il quitte l’ISS après 196 jours passé à son bord. « L’atterrissage est beaucoup plus effrayant que le décollage. Tout se passe de jour, on voit tout. Et même si le Soyouz ne dépasse pas les 5 km/h, c’est assez violent », explique-t-il.

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Vaisseau russe Soyouz

 

Un retour sous haute surveillance

La terre entière a pu suivre le voyage de retour de Thomas Pesquet et de son collègue russe, Oleg Novitskiy. Une fois sur le plancher des vaches, le spationaute, très content d’être revenu des étoiles, ne semble pas affecté par le spaceblues. Au centre des astronautes à Cologne, il est examiné par des dizaines de médecins et soumis à une batterie de tests médicaux. Il aura mis en tout 12 heures à se réadapter  la gravité, même si son équilibre n’est pas encore tout à faire revenu à la normale. Dans l’espace, les muscles sont nettement moins sollicités que sur terre, c’est pourquoi Thomas Pesquet a perdu de la masse osseuse pendant sa mission. Il mettra environ 1 an à la récupérer.

Mais ce qui a le plus choqué et ému l’astronaute, c’est la fragilité de la planète, observable depuis le ciel. Il déplore donc que certains, à l’image de Donald Trump ne prennent pas au sérieux les menaces de réchauffement climatiques. Et Thomas Pesquet de conclure : « J’avais une conscience écologique avant de partir, mais elle est décuplée depuis mon retour ».

A l’entendre, la vie d’un astronaute est bordée de roses, et un voyage en Soyouz en dehors de l’atmosphère terrestre ne serait pas plus traumatisant qu’un vol aller-retour à New-York.  Evidemment, ce n’est pas si simple, mais il est certain que Thomas Pesquet, grâce à ses magnifiques clichés pris depuis l’espace aura contribué à faire naître des vocations d’astronautes chez les plus jeunes.

Pour voir de vos yeux la Terre grâce aux clichés de Thomas Pesquet, cliquez ici 

Chloé LOURENÇO

Une réflexion sur “Retour sur Terre pour Thomas Pesquet

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