Erasmus : un programme ouvert à tous ?

Depuis 1987, Erasmus ou European Action Scheme for the Mobility of University Students, est le programme phare de l’Union européenne. Tous les étudiants européens ont, au moins une fois dans leur vie, entendu parler de cette opportunité d’aller étudier de trois mois à un an dans un établissement supérieur d’un des États membres du programme.

Entendu parler oui, certains parlent de l’expérience d’une vie, mais pouvons-nous tous vraiment y participer ? Erasmus bénéficie en effet d’une grande notoriété et connaît un très beau succès auprès des trois millions de jeunes qui ont vécu « l’expérience Erasmus » à travers l’Europe.

 

Une nouvelle fracture est-ouest

Cependant, Erasmus semble être un système à plusieurs vitesses. Tout d’abord, les échanges entre les pays ouest-européens et les pays est-européens sont très peu fréquents. L’Espagne, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne restent les premières destinations privilégiées et les échanges se font principalement entre et vers ces quatre États. Les jeunes européens privilégient un pays limitrophe au leur, qu’ils connaissent relativement bien. On ne les pousse pas à se diriger vers l’est de l’Europe. On ne leur montre pas les avantages qu’ils tireraient de passer plusieurs mois de l’autre côté de l’Union.

 

Symbole d’un clivage social

D’autre part, les étudiants en mobilité Erasmus reçoivent une « aide Erasmus » comprise entre 110 et 180€. Pourquoi cette différence de somme ? A cause de la destination. Selon le pays dans lequel on part, l’allocation Erasmus change. Aller dans un pays comme le Royaume-Uni où le train de vie est cher n’est pas la même chose que partir pour la Hongrie. Cela présente une première distorsion dans le programme.

De plus, selon les pays, les étudiants Erasmus peuvent bénéficier d’une aide complémentaire nationale – à travers leurs bourses habituelles – et/ou régionale, si les moyens le permettent. En somme, un étudiant Erasmus peut bénéficier d’une aide allant de 110 à 600€ de la part de l’UE ou de leur État, ce qui est assez limité financièrement de nos jours. Cela montre qu’il faut avoir les moyens de partir en Erasmus. Les étudiants issus de milieux modestes, voire pauvres, ont très peu de chances de partir étudier à l’étranger, faute de moyens. Les étudiants ne sont pas égaux face à Erasmus. Cela amène davantage une distinction au niveau social au sein de l’UE et l’idée que tous les pays de l’Union ne se développent pas à la même vitesse.

Erasmus est sur le point de fêter son trentième anniversaire. Mais finalement, il est un des nombreux exemples de la situation actuelle de l’Europe : le reflet d’une Europe à plusieurs vitesses, qui stagne dans les éléments qui marchent assez bien mais qui doit trouver des solutions pour plus d’égalité entre ses citoyens et pour aller plus loin. Un double clivage géographique et social vient prouver que l’UE tend de plus en plus à aller dans une direction commune, mais à un rythme très différent selon les États membres.

 

Wassila ZOUAG 

 

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