A chacun son Tour

Comment est née cette merveilleuse -mais aussi douloureuse- course qu’est le Tour de France? Tout part de la promotion marketing d’un journal, l’Auto, au début du XXème siècle. Nous en sommes aujourd’hui à la 104ème édition. ReTour…

L’histoire du Tour

A la fin du XIXème, Le Vélo est le journal qui détient le monopole de la presse spécialisée dans le sport lorsque son concurrent, L’Auto se lance aussi dans le journalisme sportif. Henri Desgranges, rédacteur-en-chef de L’Auto, craignant que les passionnés de cyclisme ne se détournent de son quotidien à cause d’un nom trop peu évocateur, décide de créer une course à vélo sponsorisée par son journal, qui ferait « Le Tour de la France ». Le Tour est né.

En juillet 1903, les premiers coureurs s’élancent de Montgeron, en banlieue parisienne et relient Lyon, puis Marseille, Toulouse, Nantes et Paris en 6 étapes pour un parcours long de 2248 km. Maurice Garin sera le premier à gagner le Tour. La ferveur est telle à la fin de cette première édition, que Henri Desgranges décide de recommencer l’année suivante, et celle d’après encore. En 1905 justement, la Grande Boucle prend des allures politiques lorsque le tracé de la course impose aux cyclistes de passer par le Ballon d’Alsace ou avec une arrivée d’étape à Metz en 1907 et 1910 : l’Alsace-Lorraine étaient passées sous drapeau Allemand en 1871.

En 1910, le Tour fait donne ses premiers coups de pédales dans les Pyrénées : c’est à ce moment-là que la course devient démesurée. Il faut aller toujours plus haut sur les pics, plus loin dans l’effort, plus vite que les autres. Entre 1914 et 1919, la course est interrompue. La France n’a pas le coeur à s’occuper du vélo avec la Grande Guerre. Mais la guerre finie, Henri Desgranges lance un maillot particulier pour distinguer le leader au classement général : c’est le célèbre maillot jaune. Cela a le double avantage de rappeler la couleur du papier sur lequel était imprimé L’Auto et aussi d’imposer une couleur que les coureurs ne portaient pas.

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L’arrivée des équipes 

Le Tour de France est une course qui se joue en équipe. On pourrait presque dire que c’est un sport collectif, tant il faut que certains se dévouent pour emporter dans leur sillon leur champion. Les équipes font leur apparition à partir de 1930 et représentent, à l’époque, des pays. La public adhère profondément à cette nouvelle règle. Une autre guerre vient cependant donner un coup de frein au Tour, qui ne reprendra que lorsque la France se sera relevée, en 1947. Henri Desgranges, mort en 1940, n’aura pas l’occasion de constater que sa célèbre course renaîtra à la Libération.

 

Le Tournant du Tour

En 1950, sous l’impulsion de Félix Lévitan, le Tour s’aventure dans la France du centre: le Massif central attire dans la course des gens qui n’avaient jusque-là pas l’opportunité de la voir. Les premières étapes de haute montagne font leur apparition dans les Alpes et c’est à cette époque que des passages phares de l’histoire du Tour seront ajoutés. On pense bien sûr au Mont Ventoux, à l’Alpe d’Huez, à l’Izoard ou encore au Tourmalet dans les Pyrénées. Tous ces cols, synonymes de souffrance et de dépassement de soi sont aussi autant de fierté et de symbole pour eux.

L’arrivée de la télévision dans les foyers révolutionnera également la Grande boucle, puisque désormais, on peut suivre la course sur son écran. Pour de nombreux Français, cette pause méridienne dans la chaleur de l’été, est une façon de découvrir les beautés que recèle la France. On se passionne pour Anquetil, pour Poulidor -l’éternel second- pour Merckx ou Bobet. Le Tour de France rentre dans le patrimoine des Français, qui pour rien au monde ne se passerait de lui. La caravane publicitaire, qui est sans doute le moment le plus attendu lors du passage de la course, est également née à cette époque. Cela permet aux marques qui en font partie et qui distribuent leurs gadgets de se faire connaître du grand public.

 

« Le Tour de France, c’est l’été. L’été qui ne peut pas finir, la chaleur méridienne de juillet. On traverse une France surchauffée, festive, dont le peuple s’égrène au fil des plaines, des villes et des cols. L’osmose entre les hommes et le décor se fait dans une ferveur bon enfant, quelquefois débordée par des hurluberlus surexcités »

 

Philippe Delerm

in La Première Gorgée de bière

Aujourd’hui, le Tour a pris une dimension internationale, et est la course la plus reconnue en dehors de l’Hexagone et même de l’Europe. Avec le Giro le tour d’Italie– et la Vuelta le tour d’Espagne– il représente le Grââl pour de nombreux coureurs. Et parole d’experte, il n’y a pas un Tour qui ressemble à l’autre…

Une chronique de RTL diffusée tous les matins par Christian Laborde sur la radio RTL permet, avec délice, de faire quelques déTours dans l’histoire et la mémoire du Tour.

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