Viktor Orban invoque la solidarité européenne

Une ultime provocation de la part de Viktor Orban? C’est probable. Depuis que le chef hongrois a décidé de construire un mur « anti-migrants » à la frontière sud, il n’a plus qu’une idée en tête : se faire rembourser la construction par l’UE ! Rien que ça, n’est-ce pas? Pourtant, à Bruxelles, l’idée n’amuse pas du tout. 

« Bruxelles devrait payer sa part »

La Hongrie a annoncé jeudi avoir demandé à Bruxelles de lui rembourser la moitié des 800 millions d’euros que Budapest dit avoir dépensés pour ériger à ses frontières une clôture sécurisée, l’une des mesures de la politique contestée de Viktor Orban contre l’immigration illégale. Selon le directeur de cabinet du Premier ministre hongrois, Janos Lazar, la protection des frontières est une question de « solidarité européenne » dont l’UE doit faire « la démonstration concrète ».

Viktor Orban a ordonné la construction de cette clôture le long de la frontière avec la Croatie et la Serbie à l’été 2015, afin d’empêcher le passage de migrants sur le territoire hongrois. Ce faisant, il estime avoir protégé le reste des pays européens et leur demande une participation financière. Ainsi, comme l’Italie, la Grèce ou la Bulgarie, d’autres portes d’entrées des migrants vers l’UE et qui avaient reçu un soutien financier, la Hongrie espère bien recevoir le même traitement de la part de l’UE.

 

Un conflit qui dure depuis 2015

Ouvertement hostile à l’accueil des migrants, la Hongrie avait fait érigé une clôture de barbelés à la frontière hungaro-serbe –175 kilomètres, tout de même!– puis sur la majeure partie de la frontière sud avec la Croatie. Pendant la grande vague de 2015, quelque 400 000 migrants en provenance du Proche et du Moyen-Orient avaient transité par la Hongrie, avant, dans leur immense majorité, de continuer leur route vers l’ouest de l’Europe. Avec l’installation des clôtures, le flux des passages s’est tari.

Ces clôtures sont une des mesures de l’arsenal sécuritaire déployé par la Hongrie contre l’immigration illégale et dont plusieurs dispositions ont suscité les critiques de représentants de l’UE et des organisations de défense des droits.

L’argument principal de Viktor Orban concernant sa demande de remboursement, repose sur la solidarité européenne. En réponse, la Commission européenne répond qu’elle allait examiner la demande hongroise rapidement, tout en notant que la « solidarité » du bloc communautaire qu’invoque le pays n’est pas tout à fait respecté à Budapest. « La solidarité fonctionne dans les deux sens et tous les États membres doivent être prêts à y participer. Ce n’est pas une option ’à la carte’ dans laquelle vous pouvez choisir un plat, par exemple la gestion des frontières, et refuser un autre comme la relocalisation » des réfugiés, a poursuivi le porte-parole de la Commission européenne, Alexandre Winterstein.

La décision de la Commission devrait être connue dans les prochains jours.

D’autres articles sur la situation en Hongrie sont disponibles ici et .

 

Chloé LOURENÇO

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s