Bras de fer en Catalogne

Depuis le référendum du 1er Octobre, Madrid et Barcelone semblent avoir rompu tout dialogue. Indépendance, mise sous tutelle, statut quo… Personne, ni à Madrid ni en Catalogne ne sait réellement ce qu’il va se passer pour l’avenir de la cette région. 

 

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Dialogue coupé, bras de fer engagé

Dans la foulée du référendum, Carles Puigdemont, président de la Communauté autonome de Catalogne, avait déclaré que sa région allait demander l’indépendance, dans la mesure où « une majorité de Catalans avaient voté » pour quitter le giron de l’Etat central.

A Madrid, Mariano Rajoy, chef du gouvernement espagnol, ne l’entendait pas de cette oreille. Il avait même menacé d’activer, pour la première fois, l’article 155 de la Constitution. Cet article, jusque-là méconnu, prévoir de suspendre le statut d’autonomie d’une région en cas d’insoumission. Cela reviendrait, en quelques sortes, à la mettre sous tutelle. Comme le précisait Jean-Jacques Kourliandsky de l’Iris sur France Info, « chacun essaye de pousser l’autre à la faute. C’est un face-à-face qui risque de se prolonger« .

Carles Puigdemont a depuis, changé son fusil d’épaule. Hier dans la soirée, il annonçait que l’indépendance -pourtant clamée haut et fort- était suspendue « pour quelques semaines », provoquant l’incompréhension de la communauté internationale et de l’Espagne entière. Il réclame maintenant l’intervention d’un médiateur pour apaiser les tensions avec l’Etat central, ce que ce dernier ne semble pas prêt d’accepter.

Un retour en arrière de la part de la région la plus rebelle du royaume?

 

Ultimatum lancé : J-4

Devant le flou qui demeure et la situation qui s’enlise, Madrid a lancé un ultimatum à Barcelone. Le gouvernement catalan a jusqu’à lundi 16 octobre 10 heures pour dire si oui ou non il déclare l’indépendance. Et en haut lieu en Catalogne, on est pour le moins divisé sur la réponse à apporter. De l’extrême-gauche à l’extrême-droite, tout le monde a un avis différent.

Les citoyens sont eux-mêmes très opposés. Si certains veulent en effet quitter l’Espagne et voler de leurs propres ailes, d’autres en revanche, souhaitent rester au sein du royaume et continuer la route avec les autres autonomies. Ces derniers manifestaient d’ailleurs dimanche dernier pour montrer leur volonté de cesser cette mascarade et pour demander le retour à la normale.

 

Une issue qui aura des répercussions ailleurs

Le Pays basque, dont les velléités d’indépendance ont été durement réprimées au XXème siècle, regarde de près l’issue qu’aura ce bras de fer. Cela pourrait réactiver les vieux démons de cette Communauté autonome particulière qui espère depuis longtemps se séparer de Madrid. Bien que l’ETA ait été complètement démantelé, les Basques n’ont jamais tout à fait perdu de vue leur soif d’autonomie totale.

L’Ecosse également s’intéresse de près à la situation catalane. Nicola Sturgeon, Première ministre écossaise, qui souhaitait il y a 3 ans couper les liens qui unissent l’Ecosse et le reste du Royaume-Uni, commence à revoir sa copie. Elle affirmait hier matin que l’idée d’un nouveau référendum dans le pays le plus au nord de la Grande-Bretagne allait être repensée.

Finalement, bien peu en Europe sont capable de dire ce qu’il adviendra définitivement de la Catalogne, mais tout le monde continue de retenir son souffle jusqu’à lundi.

 

Chloé LOURENÇO

 

Une réflexion sur “Bras de fer en Catalogne

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