Les critiques cinéma de Voix d’Europe : Detroit, un récit terriblement actuel

  On dit souvent dit qu’un film doit susciter une émotion, peu importe laquelle, pour que celui-ci puisse être considéré comme « réussi ». Detroit est alors un film extrêmement bien réussi.

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Crédits photo : https://cdn.flickeringmyth.com/

  Eté 1967, les États-Unis sont toujours sous l’emprise des émeutes contre la ségrégation raciale et la guerre du Vietnam. Le climat à Detroit n’est pas différent, depuis deux jours l’insurrection est à l’ordre du jour, la ville est renfermée sur elle-même, des couvre-feu sont mis en place et la garde nationale débarque sur place.

  Un soir, des coups de feu provenant du Algiers Motel sont entendus. La police s’y précipite et, bafouant toute procédure, retient les individus présents (pour la plupart des hommes noirs) et les soumet toute la nuit à un interrogatoire inhumain afin d’extorquer des aveux.

  Trois hommes seront tués et plusieurs seront blessés dans la nuit qui sera l’une des plus sombres de l’histoire des États-Unis.

Jeu d’acteur frissonnant

  Le spectateur arrive non seulement à se mettre dans la peau des personnages mais également à ressentir de l’impuissance car le jeu d’acteur est tout simplement excellent : John Boyega (Star Wars) est Melvin Dismukes, un afro-américain qui se retrouve au milieu de l’affaire et qui essaye en vain d’éviter un bain de sang. Il est le regard incrédule des événements de cette nuit maudite. Anthony Mackie (Captain America: Winter Soldier, No Pain No Gain) est un soldat de retour du Vietnam, Greene, qui malgré cela n’est pas épargné par les faits du Algiers Motel ; Aglee Smith (Army Wives, Saints&Sinners) reprend le rôle de Larry Reed, chanteur vedette du groupe The Dramatics et qui à la suite des événements n’arrivera plus à chanter sur scène. A noter également la performance de Will Poulter (Les Miller, The Revenant) qui joue l’agent de police Philipp Krauss à la tête de la perquisition inhumaine de l’hôtel et responsable des atrocités de la nuit de Detroit, et celle de Hannah Murray (Game Of Thrones), l’une des deux filles blanches également présente la nuit des faits et qui se rendra vite compte de l’injustice subie cette nuit par les afro-américains.

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Crédits photo : http://www.theblaze.com/

50 ans plus tard, un thème toujours actuel

  Ce film arrive alors que les tensions entre la police et les afro-américains font à nouveau – en 2017 – la une des journaux nationaux et internationaux.

  Le film relate de façon très explicite les événements de cette nuit, montrant comment les policiers de Detroit en question n’ont utilisé comme moyen de jugement que la couleur des hommes présents dans le fameux Motel. La différence de traitement entre les afro-américains accusés et les deux jeunes filles présentes dans le même hôtel et qui accompagnaient les jeunes hommes est aussi un exemple clair de cette discrimination. De nos jours, cette différence de traitement est souligné par les récits de jeunes noirs américains et leur rencontre avec la police ou, pour rester dans la tragédie, par les histoires de nombreux jeunes afro-américains tués par la police car considérés comme dangereux.

  C’est ainsi que des jeunes hommes et femmes trouvent la mort aux États-Unis. Eric Garner, par exemple, criait « I can’t breathe » alors que les policiers qui l’arrêtaient continuaient de le serrer à la gorge jusqu’à le tuer. Ce cri devient par la suite un chant lors des protestations qui ont lieu aux Etats-Unis après chacune de ces morts non-justifiées.

  Il est incroyable de voir comment, 50 ans après les faits survenus au Algiers Motel, les choses n’ont pas changé.

L’avis de VDE

  Il est impossible de ressortir de la salle sans être enragé par l’injustice à laquelle le spectateur fait face durant les 2 heures et 23 minutes du film. Il suffit de regarder autour de soi pour ressentir la même frustration des autres personnes présentes dans la salle. N’importe qui souhaiterait pouvoir « rentrer » dans le film et secouer non seulement les policier aveuglés par leur haine raciale, mais également le système judiciaire, qui, au lieu de se mettre du côté des victimes, protège les bourreaux.

  Le récit à la fin du film exposant les faits avec les vrais noms des personnes impliquées dans la tragédie ne fait que renforcer le sentiment de tristesse face une histoire qui n’a jamais connu de vraie justice.

  Detroit est sans doute un des ces films qu’il faut absolument voir et montrer à tout le monde car il s’agit de la seule façon d’aller de l’avant et d’essayer d’améliorer une situation qui dure depuis bien longtemps.

  En 2017, ce genre de d’actualité de devrait plus faire la une… Hélas, pourtant, c’est encore le cas.

Natacha DA ROCHA

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