Goncourt #2017 : un bon cru?

Cette année, le Prix Goncourt et le Prix Renaudot ont tous deux été remis à deux ouvrages traitant de la Seconde Guerre mondiale et plus particulièrement du nazisme. Retour sur l’histoire de ces deux prix littéraires et sur le millésime 2017. 

Le prix Goncourt, une histoire d’héritage

Tout est né de l’imagination de deux frères, Edmond et Jules de Goncourt. En 1862, les deux frères décident qu’après leur mort, une rente à vie de 6000 francs or sera donnée, via leur Académie Goncourt, à dix auteurs. Avec une telle somme, les dix lauréats avaient largement les moyens de vivre de leur plume, ce qui était considéré comme un luxe à l’époque. En plus de cela, un prix exceptionnel de 5000 francs or est décerné par les membres de cette même académie à un auteur ayant fait preuve dans l’année d’un talent extraordinaire. En 1903, le Prix Goncourt est né.

Depuis cette date, un chèque est remis au récipiendaire, mais avec l’inflation successive, les deux conflits mondiaux et le passage à l’euro, que les frères Goncourt n’avaient bien évidemment pas imaginé, son montant est symbolique et ne dépasse pas les 10€. La plupart des heureux élus encadrent bien souvent leur chèque, et ne le dépensent pas. Ce n’est donc pas après l’argent du Goncourt que les écrivains courent…

Si obtenir la précieuse récompense n’apporte rien en matière d’argent, en revanche le prix paye autrement. Effectivement, la renommée qui découle de l’obtention du prix est bien plus importante. Gagner le prix Goncourt signifie vendre plus et surtout plus facilement. Il reste par conséquent le prix littéraire le plus convoité en France parce qu’il assure de fait à son récipiendaire une promotion et des tirages conséquents. Le gain pour l’éditeur serait évalué à au moins trois millions d’euros dans les huit semaines suivant l’obtention du Prix.

Depuis octobre 1914, c’est dans le restaurant Drouant, rue Gaillon dans le deuxième arrondissement de la capitale que l’Académie Goncourt se réunit, chaque premier mardi du mois. Début novembre, le prix est attribué, et ce sont plusieurs centaines de journalistes qui se pressent entre les murs ou devant le petit restaurant. Un même écrivain ne peut être récompensé qu’une seule fois par le Goncourt, mais il faut tout de même mentionner la supercherie de Romain Gary. Ce dernier l’a reçu en 1956 pour son roman Les Racines du Ciel, et en 1975, pour La Vie devant Soi. L’auteur l’avait signé d’un pseudonyme : Emile Ajar.

Le millésime 2017

Cette année, le plus célèbre prix littéraire français a été décerné Eric Vuillard.  Le romancier succède aujourd’hui à Leïla Slimani avec L’Ordre du jour, son livre publié chez Actes Sud au mois de mai dernier.

« Dans L’Ordre du jour, Éric Vuillard décrypte la mécanique politique, les petites lâchetés et les compromissions ayant conduit à la montée en puissance du pouvoir nazi et au succès du projet mortifère de l’Anschluss hitlérienne. 160 pages durant, l’écrivain et réalisateur, né en mai 1968 à Lyon, tente de démontrer combien le «triomphe» de la Wehrmacht aurait été moindre sans le concours de «marchandages, de vulgaires combinaisons d’intérêts» des milieux d’affaires allemands. » comme le souligne Amaury Giraud pour le Figaro.

« Il a une manière très intelligente de montrer la stupidité des décisions (…) et comment, entre puissants, un changement d’attitude aurait pu changer le cours de l’histoire », a estimé la juré et auteure Virginie Despentes. L’ordre du jour est l’un des romans les plus vendus de la rentrée littéraire avec près de 25000 exemplaires écoulés. il est toujours classé parmi les meilleures ventes de romans dans le classement GFK/Livres Hebdo.

Né en 1968 à Lyon, Eric Vuillard est écrivain et cinéaste. Il publie son premier roman Le Chasseur en 1999 chez Michalon. Après trois autres romans chez Léo Scheer (Bois vert, Tohu et Conquistadors distingué par le Prix de l’Inaperçu-Ignatius J. Reilly 2010), Eric Vuillard rejoint Actes Sud en 2012 qui édite notamment La bataille d’Occident et Congo tous deux récompensés par le prix Franz Hessel 2012. Tristesse de la terre: une histoire de Buffalo Bill Cody a reçu de son côté le Prix d’une vie en 2014 et le Prix Joseph Kessel en 2015. En 2017, l’auteur a reçu le prix Alexandre-Vialatte pour son roman 14 juillet (Actes Sud, 2016) et pour l’ensemble de son œuvre.

Eric Vuillard a également réalisé deux longs métrages, L’homme qui marche et Mateo Falcone.

Chloé LOURENÇO 

 

Source biographie d’Eric Vuillard : Livres Hebdo 

 

 

3 réflexions sur “Goncourt #2017 : un bon cru?

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