Retour sur la présidence estonienne

Le 1er juillet dernier, Malte donnait les clefs de la présidence du Conseil de l’UE à l’Estonie, un « petit » pays rentré en 2004. En six mois, la république baltique, avait promis de mettre à l’honneur le numérique et le renforcement des frontières. Avant de transmettre le flambeau à la Bulgarie, Voix d’Europe a souhaité revenir sur la présidence estonienne du conseil de l’UE. 

 

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Crédits photo : Jürgen Randma / Bureau du gouvernement estonien

Les promesses de l’Estonie pour l’UE

En juillet dernier, l’Estonie prenait la suite de la présidence maltaise, décrite par Donald Tusk lui-même comme une véritable réussite, malgré la lourde tâche d’ouvrir les négociations avec le Royaume-Uni dans le cadre du Brexit. Ce faux petit pays baltique se dit fier de reprendre le flambeau de Malte, après avoir attendu presque 6 ans pour présider le conseil de l’UE. 2017 aura été une année riche pour l’Estonie, qui en plus d’endosser le costume de chef, a dû organiser les commémorations du centenaire de l’indépendance, signée en 1918, lors du sommet de Tartu. Ce jeune pays, libéré du joug soviétique en 1991, avait ici l’occasion rêvée de faire ses preuves au niveau européen.

Si l’on parle peu de l’Estonie, c’est pourtant une terre très europhile, consciente de tout ce qu’elle doit à l’Europe en matière d’aide au développement ou de création d’infrastructures. Depuis son entrée dans l’UE, en 2004, elle a bénéficié d’environ 4,4 milliards d’euros de la part de fonds européens, tels que le FEDER. L’Europe a changé la vie des citoyens en aménageant les routes, les bâtiments et les voies de communication. Partout dans le pays, on voit des panneaux explicitant le rôle qu’a joué l’UE dans le développement du pays. Et comme les habitants savent ce que l’Europe fait pour eux et pourquoi ils contribuent aux budgets européens, l’europhilie est sans cesse croissante en Estonie. De plus, pour nombre d’Estoniens, l’UE signifie la protection et la sécurité face à la Russie, voisine menaçante depuis les épisodes géorgien (2008) et crimée (2014).

Après la chute de l’URSS et l’indépendance, obtenue en 1991, l’Estonie a dû se réadapter à une société capitaliste, et retisser les liens rompus avec l’Europe occidentale. La république balte, dont la superficie dépasse celle de la Suisse mais est six fois moins peuplée, a fait très tôt le pari de l’informatique. Tout est informatisé en Estonie, tout est numérisé : de votre carte vitale à votre permis de conduire en passant par toutes les informations qu’un être humain dispose, tout est contenu dans de micro cartes à puce hyper puissantes. Andrus Ansip, ancien Premier ministre de 2005 à 2014, est d’ailleurs vice-président de la Commission européenne. Rien d’étonnant dès lors, que cette première présidence estonienne ait voulu mettre l’accent sur la création d’un marché du numérique unique et sur le renforcement de la sécurité, notamment avec le PNR (Passenger Name Record).

Des promesses à la concrétisation : quel bilan? 

Le Premier ministre, Jüri Ratas, le savait avant même de prendre le commandement de l’UE en juillet : « ces six mois n’allaient pas régler d’un coup de pinceau tous les problèmes de l’Union européenne« . Dans son discours devant le parlement estonien le 5 décembre dernier, dans lequel il a dressé un premier bilan de la présidence, il a néanmoins souligné la volonté de son pays « de rendre l’UE plus belle qu’avant« . Il espère également, que de présidences en présidences, l’UE sera de plus en plus belle, et que les « nuages qui obscurcissaient l’horizon »le Brexit, l’euroscepticisme– se feront plus rares aux fil du temps et disparaîtront.

L’Estonie fait partie de ces pays dont on ne parle jamais en France, et qu’on connaît finalement assez peu. Sur ce point, la première de ses priorités étaient de montrer qu’elle existait, et qu’elle était un petit pays avec de grandes ambitions, et capable de grandes réussites. « Grâce à notre détermination, notre attitude pragmatique, notre rapidité d’action, nos solutions intelligentes, nous avons prouvé, à nous comme au reste de l’Europe, que l’Estonie fait pleinement partie de la famille européenne. La présidence estonienne a rencontré le succès grâce aux connaissances et aux efforts de nos fonctionnaires, de nos politiques, du secteur privé et associatif, et grâce à l’hospitalité des Estoniennes et des Estoniens » a expliqué Jüri Ratas.

Il est vrai que la présidence estonienne est remplie de divers succès qui ont véritablement fait avancer l’UE dans le bon sens. Comme le dit le Premier ministre, « Nous avons cherché à trouver des solutions structurelles sur le long terme. Je ne veux pas minimiser l’importance de certains succès; mais je crois pouvoir dire que les accords concernant la mise en place de l’Accord de Paris, l’approbation du socle européen des droits sociaux et les évolutions dans la coopération européenne en matière de défense (la fameuse CSP) sont des réussites essentielles pour l’Europe. »

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Le numérique, maître mot de la présidence

L’Estonie a bâti sa réputation et une bonne partie de son économie grâce au numérique. Il n’était donc pas surprenant de voir qu’elle voulait axer sa présidence sur ce point. Jüri Ratas précise : « La présidence estonienne a parfois été qualifiée, à juste titre, de «présidence numérique». Il s’agissait de notre priorité principale. Ce n’était pas que des «trucs numériques». Notre avenir devra être numérique. Cela se reflète évidemment dans les infrastructures de télécommunications, les marchés et la cybersécurité, mais aussi dans la coopération juridique, les transports, l’énergie, la sécurité interne, la coopération en matière de défense, l’agriculture, l’éducation et bien d’autres domaines encore.« 

En matière de numérique, il reste encore de nombreuses choses à faire avant que l’ensemble de l’UE ne passe complètement au tout numérique, mais d’importants progrès ont été fait en la matière. En octobre dernier par exemple, un acte législatif européen a été signé numériquement, ce qui a lancé la dématérialisation en Europe.

Il reste un peu moins d’un mois de présidence à l’Estonie, avant, le 1er janvier 2018, de laisser la Bulgarie prendre les rênes de l’UE. Un bilan définitif sera alors réalisé. Gageons que celui-ci soit aussi bon que souhaité par la république baltique, qui aura donné le meilleure d’elle-même pendant six mois. Une chose est sûre, l’Estonie aura réussi à faire parler d’elle et à donner envie de la découvrir!

Chloé LOURENÇO

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