Elections à Chypre : le président sortant Anastasiades est réélu

  Les résultats des dernières élections présidentielles chypriotes ont laissé peu de place à la surprise : longtemps pressenti comme favori, le président sortant conservateur Nicos Anastasiades a été réélu avec près de 56% des voix. La campagne du chef de l’État a notamment été marquée par son engagement en faveur de la réunification de l’île méditerranéenne, aujourd’hui encore mi-grecque, mi-turque.

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Une forte mobilisation inattendue

  « J’appelle les Chypriotes-grecs et les Chypriotes-turcs à réaliser que la situation actuelle ne peut être la solution pour le problème chypriote. », a déclaré Nicos Anastasiades après sa victoire aux élections présidentielles, faisant directement allusion à la division du pays et à sa volonté de le réunifier – un projet politique très ambitieux qui verra probablement le jour lors de son second mandat. Malgré un certain manque d’intérêt de la part des citoyens (le débat télévisé entre Nicos Anastasiades et son adversaire du second tour, le candidat de la gauche radicale Stávros Malá, n’avait recueilli que 9% de part d’audience), l’élection présidentielle à Chypre a su mobiliser 73,97% des électeurs, soit légèrement plus qu’au premier tour (71,88%). C’est toutefois moins qu’à l’élection de 2013 – un peu plus de 80% de participation – au cours laquelle M. Anastasiades affrontait déjà M. Malá.

L’économie au cœur de la campagne

  Si les arguments politiques du chef de l’État ont visiblement convaincu les habitants de l’île, les questions économiques ont également dominé la campagne électorale. En effet, le président réélu pouvait compter sur l’expérience de son premier mandat, lors duquel il avait réussi à sortir Chypre de la crise économique. Touché de plein fouet par la crise grecque, le pays avait dû demander une aide de 17 milliards d’euros à l’Union européenne pour sauver son économie. Pour rappel, cette anecdote ne concernait que les deux tiers du territoire, sous l’autorité de la République de Chypre elle-même membre de la zone euro, le dernier tiers étant administré par la République turque de Chypre du Nord (RTCN), qui est à ce jour seulement reconnue par la Turquie.

Chypre serait-elle sur la voie de l’unité ?

  C’est l’une des promesses-phares de la campagne de Nicos Anastasiades : la relance des négociations sur le territoire chypriote. A cet effet, le dirigeant de l’île avait clairement fait part de son ambition : « La réunification de notre pays est notre défi le plus important. Je vais y travailler avec la même détermination qu’auparavant afin d’atteindre notre objectif commun : la fin de l’occupation étrangère et la réunification de notre pays. Il n’y aura ni vainqueurs ni perdants, seul Chypre nous importe« . A ce jour, les pourparlers continuent de bloquer sur la présence d’une base militaire turque sur l’île, dont la République de Chypre souhaite le départ, mais aussi sur les garanties de sécurité du pays. Compte tenu des réticences émises par le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont l’autorité n’est aujourd’hui plus à prouver, Chypre risque de devoir s’armer de patience. Il ne reste désormais plus qu’à espérer que les négociations concernant les modalités de réunification puissent déboucher sur un réel accord, et non sur un échec comme cela avait été le cas l’année dernière.

Virginie CARDOSO

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