UE-USA : bras de fer autour de l’acier

Jeudi 1er mars, Donald Trump a soulevé un tollé toute l’Europe en annonçant des mesures protectionnistes sur les importations d’acier et d’aluminium. Mercredi 7 mars, les Européens ripostaient, déclarant être prêt à sanctionner lest Etats-Unis si ceux-ci ne revenaient pas sur leur décision. Qui gagnera ce bras de fer commercial ? 

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Crédits : communs.wikipedia

Mesures protectionnistes aux USA… 

Sa décision avait surpris tout le monde, de part et d’autres de l’Atlantique. Jeudi 1er mars, Donald Trump ouvrait les hostilités en annonçant sa « décision d’appliquer des taxes supplémentaires de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium importé aux aux USA« . Ce protectionnisme affiché a d’ailleurs poussé son principal conseiller économique, Gary Cohn, à claquer la porte de la Maison Blanche, déstabilisant un peu plus l’administration Trump.

Chaque année, l’UE exporte environ 5 milliards d’euros d’acier et 1 milliard d’euros d’aluminium vers les Etats-Unis. Les mesures annoncées par Donald Trump pourraient leur porter préjudice à hauteur de 2,8 milliards d’euros, selon les calculs de la Commission européenne. Avec le départ du Royaume-Uni et la refonte du budget européen, l’UE n’avait pas besoin de ça.

… riposte de l’UE 

Or l’Union européenne entend ne pas se laisser faire. Dès les premières déclarations du président américain, Jean-Claude Juncker expliquait que l’UE était prête à « réagir fermement et proportionnellement« . Il a même affirmé que des mesures de « rétorsions contre des importations américaines dont les motos Harley-Davidson, les jeans Levi’s et le whisky bourbon pourraient être adoptées« . Cette réponse ferme mais sans provocation excessive, devrait avoir un effet dissuasif, espère-t-on dans les couloirs du Berlaymont.

« Il n’y a pas de gagnants dans une guerre commerciale » déclarait Cecilia Malmström, commissaire au commerce, lors d’une conférence de presse mercredi 7 mars. Si elle n’a pas fait d’annonce fracassante, se contentant de présenter les mesures que l’UE prendrait le cas échéant, la Suédoise a néanmoins rappelé que « cela nuirait aux relations transatlantiques« .

 

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Rééquilibrage

Plusieurs mesures sont envisagées par Bruxelles. La première d’entre elles -et certainement la plus efficace- consiste à adopter des mesures dites de « rééquilibrage« , afin de compenser les pertes subies. C’est ce qu’entend Jean-Claude Juncker lorsqu’il envisage de taxer certains produits américains. Plus précisément, L’UE pourrait sanctionner durement des entreprises installées dans les Etats américains les plus favorables à Donald Trump. La Floride par exemple, est le deuxième producteur mondial de jus d’orange, mais a voté en faveur du président aux dernières élections. L’UE taxerait donc davantage le jus en provenance de cet Etat.

Une chose est sûre, elle n’hésitera pas à faire payer aux USA une lourde facture politique.

Aucune annonce de la part de la Maison Blanche ne devrait être faite avant la décision définitive de Donald Trump, prévue pour ce vendredi. Wait and see… 

Chloé LOURENÇO