La Catalogne de nouveau sur le devant de la scène

Nouveau rebondissement en Catalogne. Dimanche 25 mars 2018, l’ex-président catalan, Carles Puidgemont, a été arrêté en Allemagne, à la frontière avec le Danemark. Toujours maintenu en détention, son arrestation a suscité de nombreuses manifestations dans la région. Décryptage de la situation. 

Rappel des évènements 

Souvenez-vous, le 27 octobre 2017, le Parlement catalan proclamait unilatéralement l’indépendance, provoquant « la mise sous tutelle de la Catalogne » par le gouvernement espagnol. Trois jours plus tard, Carles Puidgemont, alors président de la région, fuyait vers la Belgique, où il recevait le soutien des nationalistes flamands. L’ex-leader n’avait -presque – pas fait parler de lui jusqu’au dimanche 25 mars dernier. Pablo Llarena, juge de la Cour Suprême espagnole a « émis ou réactivé des mandats d’arrêts européens et internationaux contre six dirigeants indépendantistes catalans partis à l’étranger« , dont Carles Puidgemont.

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La Catalogne derrière Puidgemont 

Le week-end dernier, Carles Puidgemont revenait de Finlande, où il avait animé une conférence visant à sensibiliser la communauté internationale à la cause catalane. Selon le quotidien espagnol El País, cette arrestation serait le fruit de la collaboration entre les polices espagnoles et allemandes. Pour le journal helvétique Le Temps, l’arrestation en Allemagne prend un sens tout particulier. Effectivement, le pays est sévère contre tout acte allant à l’encontre de l’unité nationale et visant à la partition unilatérale de la fédération.

A Barcelone, à l’annonce de l’arrestation de l’ex-président, des milliers de sympathisants ont manifesté leur colère devant les bureaux de la Commission européenne et devant le consulat allemand. Ces démonstrations de soutien ont également eu lieu à Lleida (à l’ouest de la capitale catalane) et à Tarragone (plus au sud). Près d’une centaine de blessés est tout de même à déplorer.

Pour de nombreux Catalans, cette arrestation est arbitraire et représente une atteinte à la liberté. Elle est même considérée comme une « honte » pour l’Union européenne qui chercherait à se venger.

Soraya Sáenz de Santamaria, la numéro 2 du gouvernement Rajoy a quant à elle affiché sa joie, déclarant que « l’indépendantisme était décapité« . Tout est toujours une question de point de vue !

 

Extradition en vue ? 

Le 27 mars, la sentence tombait. Carles Puidgemont « restera en détention jusqu’à ce qu’une décision soit prise concernant une procédure d’extradition » vers l’Espagne, a annoncé le tribunal régional de Kiel. La justice allemande dispose maintenant d’un délai de 60 jours pour trancher sur la remise du fugitif à Madrid, mais aucune déclaration ne sera faite avant Pâques. Elle devra, entre autres, décider si des infractions similaires à celles pour lesquelles Monsieur Puidgemont est poursuivi en Espagne existent en droit allemand. L’Allemagne reconnaît le crime de rébellion, dont est accusé l’ex-président catalan, et risquerait jusqu’à 30 ans de prison, s’il était effectivement poursuivi.

L’affaire, loin d’être finir, est donc à suivre dans les prochains jours !

Chloé LOURENÇO