Hongrie : Orban or not Orban ?

Dimanche 8 avril, près de 8 millions d’électeurs se sont déplacés aux urnes pour renouveler les 199 membres du Parlement, l’Orszaggyules. Cette date n’a pas été choisie au hasard, puisque le 8 avril 1990 avaient lieu les premières élections libres de Hongrie, après la sortie du pays du communisme. Sans surprise, Viktor Orban en est sorti grand vainqueur.

 

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Une victoire écrasante

Viktor Orban, le dirigeant national-conservateur de la Hongrie, icône des droites populistes européennes, a remporté ses troisièmes élections législatives d’affilée. Les électeurs se sont déplacés en masse dimanche dernier : sur la quasi-totalité des bulletins dépouillés, le parti FIDESZ obtient 48,8% des voix. Il a près de 30 points d’avance sur le JOBBIK, formation d’extrême-droite.

Ce résultat devrait permettre à la future majorité de décrocher 133 sièges sur les 199 du Parlement. Comme en 2010 et 2014, Viktor Orban aura donc à sa disposition une « super-majorité » pour faire voter ses changements constitutionnels.

 

 

Soulagement à l’horizon 

Au moment de remercier ses électeurs, le dirigeant magyar, âgé de 54 ans, a affiché un certain soulagement. Il avait axé toute sa campagne sur le rejet de l’immigration et jusqu’au dernier moment, n’était pas tout à fait sûr de voir sa stratégie validée par les urnes. A Budapest, Viktor Orban peut désormais dormir tranquille : il règnera encore 4 ans sur le pays d’Europe centrale.

S’il a été félicité par Marine Le Pen, pas sûr en revanche que le reste de la communauté européenne voit sa réélection comme une bonne chose. En effet, on ne cite plus les nombreuses prises de positions pour le moins radicale qui ont froissé Bruxelles. Pourtant, d’après Où va la démocratie ?, une enquête de la Fondation pour l’innovation politique, en Hongrie, « 51% des Hongrois considèrent que le fait d’appartenir à l’UE est une bonne chose » (contre 45% pour la moyenne de l’Union).

Une opposition absente ou limitée 

L’opposition divisée s’est heurtée au bloc du parti d’Orban. Le parti d’extrême-droite, JOBBIK, n’a pas amélioré sa performance de 2014. Avec 19, 61% des suffrages , il peut certes revendiquer sa suprématie dans l’opposition, mais son chef de file, Gabor Vona a échoué dans sa circonscription et a annoncé sa volonté de passer la main.

Les socialistes (MSZP) ont recueilli 12,3%, les Verts (LMP) seulement 6,87%. Leur présence dans l’hémicycle sera symbolique. En outre, ils représenteront surtout les habitants de Budapest.

Cette élection vient toutefois confirmer une tendance observée ailleurs en Europe : la concentration d’un électorat libéral et progressiste dans les grandes villes, alors que les campagnes restent acquises au repli nationaliste.

Chloé LOURENÇO

 

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