Impossible Czexit ?

  On le disait clairement eurosceptique et pourtant il souhaite désormais préserver les relations entre Prague et Bruxelles. Arrivé au poste de Premier ministre de la République tchèque en octobre dernier, Andrej Babiš, millionnaire appartenant au parti populiste ANO, veut faire en sorte de réduire les chances d’organiser un référendum sur un éventuel Czexit, qui viserait à faire sortir le pays de l’Union européenne.

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  Son parti déclarait il y a encore quelque temps ne plus vouloir obéir aux « ordres de Bruxelles« . C’est pourtant pour défendre l’intérêt européen que le nouveau Premier ministre tchèque, Andrej Babiš, a entrepris de faire passer une loi limitant la possibilité de mettre en oeuvre un référendum national sur le retrait de la République tchèque de l’UE. Le projet de loi prévoit en effet un minimum de 850 000 signatures citoyennes pour qu’un tel référendum soit rendu possible. Ce seuil important est particulèrement difficile à atteindre dans la mesure où il correspond à plus de la moitié du nombre d’électeurs dans le pays.

  Le chef du gouvernement tchèque est bien conscient de l’enjeu derrière cette décision : en janvier dernier, le Parlement a refusé de voter la confiance à son gouvernement minoritaire. Le parti d’extrême-droite du pays, le SPD, ne cache quant à lui pas son envie de donner lieu au Czexit et de coopérer avec l’actuel gouvernement. Mais Andrej Babiš considèrerait actuellement plutôt l’idée d’établir une coalition avec les sociaux-démocrates. Si la situation politique en République tchèque semble tendue, l’annonce de ce projet de loi anti-Czexit représente néanmoins un espoir pour l’Europe. Reste à savoir si le Parlement l’approuvera.

Virginie CARDOSO