Les critiques cinéma de Voix d’Europe : Blue

Blue, le nouveau film Disneynature, est une plongée au cœur de l’Océan pour découvrir, comprendre, aimer un monde encore mystérieux et surprenant. Un monde où la nature invente des couleurs, des formes et des sons merveilleux. L’Océan est unique, seuls les hommes le mettent au pluriel. Il est partout, recouvre  plus de 70% de la Terre et donne à notre maison sa couleur et son nom: la planète bleue. Accompagnés par Blue, un jeune dauphin de 3 ans, nous partons découvrir ce monde unique et fragile. Suivez-nous ! 

DisneyNature, la volonté de Walt Disney

Blue raconte l’histoire d’un jeune dauphin et de sa maman qui lui apprend les techniques de chasse indispensables à sa survie.

Les documentaires animaliers sont une partie intégrante de l’univers Disney. Walt Disney s’est toujours inspiré de la nature pour ses dessins animés et faisait venir des animaux dans ses studios pour aider les dessinateurs à rendre leurs dessins le plus réalistes possible. En 1948, il finance un film sur l’Alaska qui est le premier d’une longue liste de documentaires animaliers intitulée True-Life Adventures. C’est ainsi que sortent jusqu’en 1959 douze courts-métrages et six longs-métrages.

La relance de ce genre de film pour Disney arrive en 2005 avec la sortie de La marche de l’empereur, film qui suivait des manchots en Antarctique. C’est alors un succès inattendu : 1,9 millions de spectateurs en France et 12 millions en outre-Atlantique.

C’est ainsi que le label DisneyNature est créé et avec lui arrivent de nombreux docu-films sur la nature et ses différents aspects, tels que Les ailes pourpres (2008) qui suit des flamants roses, Félins (2011) qui parle des lions ou encore Grizzly (2014) sur des ours.

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C’est une façon inhabituelle de raconter ces histoires, les films de DisneyNature ne s’attardent pas sur des explications scientifiques mais laissent plutôt parler les images et utilisent donc un langage plus proche de tout type de spectateur. C’est d’ailleurs ce qui en fait un succès, comme l’expliquent Jean-François Camilleri (à la tête de Disney France et du label DisneyNature) et Denis Lagrange (chef opérateur de Blue) : « Des films qui racontent des histoires, car la nature invente toute seule des histoires complètement folles ».

Un incroyable travail derrière chaque prise

Blue, c’est 300 jours de tournage entre Afrique du Sud, Hawaï, Polynésie Française, Tahiti et Floride. Avant la sortie du film, Jean-François Camilleri a essayé d’expliquer, dans une interview pour Le Parisien, les difficultés de suivre un scénario lorsque l’on suit des animaux marins : par exemple, le personnage du jeune dauphin Blue est incarné en réalité par plusieurs dauphins. Le processus de prises de vue des dauphins est très difficile car ceux-ci ont tendance à vouloir jouer avec les caméras, les opérateurs ont donc dû faire preuve de patience et attendre que le dauphin les oublie pour pouvoir filmer en toute tranquillité…en espérant que celui-ci ne s’échappe pas ! (dans ce cas, il fallait trouver un nouveau dauphin et recommencer).

Il est donc clair que film dans les eaux n’est pas une tâche facile: pour ce film, les techniciens ont dû utiliser des jet-skis et une caméra montée sur une perche et immergée sous la surface depuis un bateau. Pour les plans fixes en revanche, ils ont posé des trépieds au fond de l’eau et un bras mécanique pour les travellings (déplacement réel de la caméra durant la prise de vue qui amène à un changement de point de vue physique).

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Denis Lagrange explique encore qu’il a plongé en Polynésie française avec des caméras de cinéma enfermées dans des caissons étanches construits sur mesure par une entreprise suisse. Pendant ce temps, un deuxième plongeur équipé d’un écran s’occupait de la mise au point, rendue possible avec un cable qui permet de la réaliser à distance. Le son est ajouté en post-production. Pour l’enregistrer, des « recycleurs » qui ne font pas de bulles ont été choisis, sinon ils auraient pu être perçus comme une menace par la faune marine.

En ce qui concerne les images des baleines, Lagrange explique qu’il a été prévenu de la présence de celles-ci dans le lagon par des amis installés à Tahiti. Cependant, il fallait agir avec prudence, c’est pour cela qu’un plongeur est d’abord allé s’assurer qu’elles sont dans un état calme. Ce n’est que à ce moment qu’il est possible de s’en approcher avec une caméra. Moins il y a d’eau entre la baleine et l’objectif, meilleure est l’image.

Enfin, Denis Lagrange explique le stress de filmer les requins gris : ceux-ci ont également été filmés près de Tahiti où ils étaient en train de chasser la nuit. Ce tournage a duré 5 semaines, mais les réalisateurs n’ont utilisé que quelques minutes d’images.

Il est intéressant de savoir qu’ils ne s’attaquent pas à l’homme, mais ce n’est pas pour autant moins angoissant car, comme l’explique Lagrange : «…si un poisson se colle à toi et que 50 requins se précipitent, tu risques d’être bousculé. Ce sont des boules de muscles… ». N’ayant qu’une cotte de mailles, Denis filmait à 20 mètres sous la surface de l’eau, éclairé par deux nageurs équipés avec des panneaux lumineux.

Le spectacle est assuré.

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Objectif : protection des fonds marins 

Blue est un film-documentaire où le spectateur en prend plein les mirettes. Durant 78 minutes, il est immergé au fond des océans, dans le lieu de vie de milliers d’espèces inconnues et souvent même insoupçonnées. Le réel objectif des studios Disneynature est donc à peine voilé : mettre en garde l’humanité contre la pollution de l’Océan.

Effectivement, aujourd’hui on entend souvent parler d’un sixième continent, fait de papiers, de plastiques en tous genres et de détritus jetés à la mer et qui attendent patiemment leur destruction. Elle prendra néanmoins plusieurs centaines voire plusieurs milliers d’années, ce qui laissera tout loisir aux poissons, tortues et autre cétacés d’ingérer cette pollution humaine que l’on peut éviter. Blue centre donc la majeure partie du film sur la vie du récif corallien, là où la biodiversité est encore plus menacée par les hommes. Il est important que nous prenions rapidement conscience que cette biodiversité unique est menacée. Et si elle venait à disparaître, l’être humain pourrait certainement commencer à faire ses prières…

 

Une bande-son à couper le souffle 

La musique, signée Steven Price, est un autre atout du film. Elle dégage une sensibilité et une beauté rare, et souligne la fragilité de l’Océan.  Le compositeur, à travers les notes ténues, arrive à transmettre une émotion différente à chaque prise. On est transporté par la magie du petit dauphin apprenant à pêcher, on est attendri par la protection sans faille de la maman baleine pour son petit, on est intrigué par la présence dans les coraux d’une formidable kyrielle de crustacés au physique particulier, effrayant ou attachant. A ce titre, la musique est un élément essentiel du film puisqu’elle entraîne le spectateur directement au milieu des dauphins.

 

 

L’avis de VDE

Blue sort quelques semaines avant le  « Earth Day » (jour de la Terre) et en est la parfaite célébration. Blue nous ouvre les portes de l’océan l’océan d’ouvrir ses portes et nous montrer toute sa beauté. Notre monde est beau et il faut protéger cette beauté. C’est l’idée derrière la série de docu-films signés DisneyNature qui, à travers chaque volet, nous fait découvrir les merveilles de notre planète, mais nous rappelle surtout qu’il est primordial, pour la survie de l’être humain, de tout faire pour éviter qu’elle ne meure devant nos yeux.

Le film arrive à faire plonger le spectateur avec le jeune dauphin, voyager avec lui, chasser avec lui et s’échapper des requins avec lui, le tout embelli par ce bleu vif de l’océan et toutes les couleurs des fonds marins, qui nous laissent bouche bée devant ces prises de vue époustouflantes.

Mais le dauphin Blue n’est pas le seul personnage de ce documentaire auquel le spectateur va s’attacher : en effet, entre la baleine et son petit, chassé par les méchantes orques, ou encore la quille multicolore, vraie partie « comique » durant tout le film, on ne voit pas les heures passer.

Enfin, nous ne pouvons pas oublier le message le plus important que Blue et tous les films DisneyNature veulent faire passer et qui nous tient beaucoup à coeur: notre Terre est en danger et il est de notre devoir de tout faire pour la protéger !

Si vous voulez en savoir plus sur Blue et sur DisneyNature, rendez-vous sur la page https://zoom.disneynature.fr/cinema/blue.

Chloé LOURENÇO  & Natacha DA ROCHA