Fémin’histoire #16 : Florence Nightingale

 Une femme au service des autres

Résultat de recherche d'images pour "florence nightingale"

   Elle a sa stèle parmi les plus grands, dans la crypte de la Cathédrale Saint-Paul de Londres, et sa place au sein de ce monument est entièrement justifiée. Infirmière dans la Grande-Bretagne du XIXème siècle, Florence Nightingale était une pionnière de l’utilisation de la statistique dans sa profession et des soins infirmiers modernes. Moins connu que son expertise médicale, son engagement féministe fait également partie des plus importants de son époque.

Résultat de recherche d'images pour "florence nightingale"

Un intérêt précoce pour le soins infirmiers

  Florence Nightingale naît en 1820 dans une famille riche et éduquée. Très croyants, les Nightingale font souvent preuve de charité en finançant des soins médicaux aux habitants des villages aux alentours de Lea Hurst, dans le Derbyshire. C’est à cette période que Florence Nightingale se découvre un intérêt pour les soins infirmiers. A seulement 17 ans, alors qu’une épidémie de grippe se propage dans le sud de l’Angleterre, elle propose spontanément son aide en tant qu' »infirmière, gouvernante, soutien moral et médecin ». Peu de temps après cette expérience, elle explique dans son journal avoir entendu un « appel de Dieu » l’incitant à continuer son travail. La même année, elle commence à étudier les mathématiques, au grand dam de sa mère qui aimerait qu’elle se marie.

  Le temps passe et Florence Nightingale rencontre plusieurs personnalités intellectuelles de l’époque grâce à ses parents, dont les scientifiques Charles Darwin et Ada Lovelace, ou encore l’ambassadeur de Prusse Christian von Bunsen. En 1844 arrive la rencontre de sa vie : Florence fait la connaissance du médecin américain Samuel Gridley Howe et de sa femme Julia Ward. C’est avec eux qu’elle trouvera sa vocation, à sa voir de pratiquer le métier d’infirmière dans les hôpitaux. A l’époque, ce choix pouvait étonner dans la mesure où cette profession n’était pas considérée comme appropriée pour une femme de la haute société. Ce travail était plutôt effectué par des femmes pauvres et dépourvues d’éducation. Les parents de Florence Nightingale ne voient pas cette décision d’un bon oeil et refusent à deux reprises qu’elle se lance dans une formation d’infimière. Un peu plus tard, elle se rend pour la première fois dans l’hôpital fondé par son ami Christian von Bunsen et débute elle-même son apprentissage sur la santé publique.

Résultat de recherche d'images pour "florence nightingale"

Crédits photo : http://www.atlas.com

Voyages initiatiques

  Florence ne perd pas de vue son ambition et part en voyage dans toute l’Europe avec des amis de la famille. Elle parcourt l’Italie, la Grèce, l’Egypte et rejoint l’Allemagne en 1850, où elle se rend à l’hôpital de Theodor Fliedner à Kaiserswerth. L’année suivante, ses parents l’autorisent enfin à suivre une formation d’infirmière. Pendant trois mois, elle officie en tant que soignante à Kaiserswerth et assiste à des opérations. Elle publiera peu après son premier livre traitant de cette expérience auprès des malades.

  Après des stages hospitaliers à Paris, elle entre à l’Institute for the Care of Sick Gentlewomen de Londres et travaille notamment sur des statistiques qui démontrent que le taux de mortalité est plus bien élevé dans les hôpitaux de la capitale britannique qu’au domicile des malades. Le professionalisme et le dévouement de Florence Nightingale ne tardent pas à la rendre célèbre dans le milieu hospitalier.

  En 1854, la Grande-Bretagne, conjointement avec la France, l’Empire ottoman et le Royaume de Sardaigne, déclare la guerre à la Russie lors de la Guerre de Crimée, débutée un an plus tôt. Dans ce contexte, Florence Nightingale part avec 38 infirmières pour le camp britannique basé en Turquie, sur accord des ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères et du Secrétaire d’Etat à la Guerre anglais. Ce qu’elle trouve sur place la laisse sans voix : manque de médicaments, hygiène douteuse, malades mal pris en charge ; la jeune femme prend alors l’initiative de tout réorganiser pour améliorer les conditions de vie des blessés. Florence Nightingale se voit appeler « La Dame à la lampe » en référence à son passage le soir au chevet des souffrants, une lampe à la main. En quelques mois, elle transforme les conditions sanitaires des hôpitaux et diminue ainsi le nombre de morts. Reconnaissante envers le travail de Florence Nightingale, la Grande-Bretagne l’accueille en héroïne à son retour au pays.

Crédits photo : Wikipedia

Contribution à la statistique et suite de sa carrière

  En 1856, juste après son retour de la Guerre de Crimée, Florence devient membre de la Commission royale pour la santé de l’Armée et rédige un rapport de plus de mille pages dans lequel elle intègre des données statistiques sur les soins donnés aux soldats. Passionnée par les mathématiques, elle est la pionnière en matière de présentation visuelle de l’information. Elle améliore l’utilisation des diagrammes pour établir ses études statistiques sur les causes de mortalité durant la Guerre de Crimée. Deux ans plus tard, elle devient la première femme élue à la Royal Statistical Society. Elle sera également membre de l’American Statistical Association.

Crédits photo : Wikipedia

  En 1860, l’Ecole Nightingale de formation des infirmières est créée grâce aux dons récoltés pour le Fonds Nightingale. C’est là l’une des plus grandes réussites de la jeune femme : faire du poste d’infirmière une fonction respectable pour les femmes. Pendant des années, elle suit de près le fonctionnement de cet établissement destiné à former les infirmières aux exigeances des hôpitaux du pays. La même année, elle publie ses célèbres Notes on nursing, qui deviendront une référence en matière d’introduction aux soins infirmiers. Neuf ans plus tard, elle fonde le Collège médical des femmes à Londres avec Elizabeth Blackwell. Ses infirmières seront parmi les plus compétentes et les plus convoitées pour les grands hôpitaux britanniques.

  Florence Nightingale finit par recevoir les plus hautes marques de reconnaissance durant les dernières années de sa vie, en 1883 et en 1907 : c’est à ces dates qu’elle reçoit respectivement la Royal Red Cross par la reine Victoria ainsi que l’Ordre du mérite (elle est d’ailleurs la première femme à la recevoir). Elle décède en 1910, alors même qu’elle continuait quelques ans plus tôt, sans relâche, ses travaux sur la gestion des hôpitaux. Au-delà d’une grande figure de l’avancée des soins médicaux, Florence Nightingale était aussi une militante féministe revendiquant le droit de la femme de poursuivre la carrière de son choix. Dans son essai Cassandra, elle aborde le thème de la prostitution et se positionne en faveur de son abolition. La persévérance, le dévouement et l’altruisme sont sans nul doute les premiers mots qui viennent à l’esprit lorsqu’il s’agit d’évoquer la vie extraordinaire de Florence Nightingale.

 

Virginie CARDOSO

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s