Promotion de l’IA : le projet de la Commission

Mercredi 25 avril, la Commission européenne présentait un rapport en trois volets visant à mettre l’Intelligence artificielle (IA) au service des citoyens européens et à stimuler la compétitivité de l’Europe dans ce domaine. Consciente qu’elle va devoir se préparer aux changements liés et apportés par l’IA, la Commission souhaite établir un cadre éthique et juridique appropriés. Explications et décryptage 2.0. 

Encourager les Etats à investir

Si l’Union européenne veut peser dans le marché que l’IA est en train d’ouvrir, il faut qu’elle en prenne la mesure et qu’elle s’impose dans le secteur. Effectivement, si elle ne se pose pas les bonnes questions en matière d’IA, l’Union risque bien de se voir détrônée par les USA et la Chine, qui, eux, ne sont pas frileux lorsqu’il s’agit d’investir dans l’intelligence artificielle. Selon Libération, la Chine a annoncé en 2017 « un plan d’investissement public de 22 milliards de dollars (soit 18 milliards d’euros) d’ici à 2020« .

La Commission entend consacrer de son côté 1,5 milliards d’euros pour la période 2018-2020 dans le cadre du programme de recherche Horizon 2020. Cependant, elle compte aussi sur une mobilisation des Etats et du secteur privé à hauteur de 20 milliards d’euros d’ici la fin de l’année 2020. Même si la Commission européenne ne peut rien imposer dans le domaine de l’IA aux Etat, elle peut toutefois donner des pistes aux gouvernements et aux entreprises pour investir.

Se préparer aux changements liés à l’IA

« A l’instar de la machine à vapeur ou de l’électricité dans le passé, l’IA est en train de transformer notre monde. Elle pose de nouveaux défis que les Etats membres de l’UE doivent relever ensemble, pour faire de l’IA un succès qui profite à tout un chacun. » a déclaré Andrus Ansip, le vice-président pour le marché unique du numérique.

La Commission le sait : l’IA va bouleverser notre façon de vivre, c’est pour cela qu’il faut s’y préparer en amont. Le secteur qui risque d’être le plus touché reste sans contexte celui de l’emploi, non seulement parce que l’IA va créer des nouveaux emplois dont nous n’avons pas encore idée, mais aussi parce qu’elle va en détruire d’autres. C’est pourquoi la Commission encourage les Etats membres à moderniser leur système d’éducation et de formation afin d’anticiper ces changements, de mieux s’y préparer pour que la transition se fasse en douceur. Sur ce point, la Commission européenne assure « qu’elle soutiendra les partenariats entre les entreprises et le monde éducatif afin d’attirer et de retenir un peu plus grand nombre de talents en Europe« .

Elle insiste par ailleurs sur le fait que « nouvelles technologies » ne devrait pas rimer avec « nouvelles valeurs« . Il est donc nécéssaire de créer un cadre juridique et éthique. D’ici à la fin de l’année 2018, la Commission présentera des lignes directrices en matière d’éthique au regard du développement de l’IA « qui s’inscriront dans le droit fil de la Charte des droits fondamentaux de l’UE, tiendront compte de principes tels que la protection des données et la transparence, et s’appuieront sur les travaux du Groupe européen d’éthique des sciences et des nouvelles technologies« .

Dans la mesure où l’IA n’est pas de la science-fiction (elle fait déjà partie de la vie quotidienne de tous les Européens, lorsque nous utilisons un assistant virtuel pour organiser notre journée par exemple) l’UE veut être à la pointe de cette évolution. D’ailleurs, de nombreuses avancées récentes de l’IA sont à mettre au crédit de laboratoires européens.