L’Opéra de Paris : entrez dans la danse !

De passage à Paris, impossible de ne pas faire un détour par l’Opéra, ce majestueux théâtre installé dans le 9ème arrondissement de la capitale française. L’édifice est effectivement particulièrement représentatif du style historiciste de la seconde moitié du XIXème siècle. Son architecte, Charle Garnier fut retenu à la suite d’un concours décidé par Napoléon III dans le cadre de la transformation de Paris menée par le préfet Haussmann. Sa construction connaîtra un temps d’arrêt pendant la guerre de 1870, mais le bâtiment sera finalement inauguré le 5 janvier 1875 par le président Mac Mahon, sous la IIIème République. Etes-vous prêt à percer tous ses mystères ? Enfilez vos pointes et entrez dans la danse ! 

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Une construction décidée après un attentat

Sous le règne de Napoléon III, l’Opéra de Paris n’est pas situé à son emplacement actuel, mais rue Le Peletier, proche du Boulevard des Italiens, soit à quelques encablures de là. Un attentat perpétré par des anarchistes italiens le 14 janvier 1858 aura raison de lui. Napoléon III et l’impératrice Eugénie s’en sortent indemnes, mais une nouvelle construction s’impose, dans une grande rue moins propice aux attentats.

En 1860, un concours pour l’édification d’une « Académie impériale de musique et de danse », largement ouvert à l’international est donc organisé. Charles Garnier, jeune architecte n’ayant pas encore fait ses preuves, décide toutefois d’affronter ses pairs et de se distinguer parmi 171 concurrents. L’audace s’avèrera payante : âgé d’à peine 35 ans, il remporte le concours, à la déception de Viollet-le-Duc, pourtant grand favori du couple impérial.

L’emplacement retenu, sur une place proche des grands boulevards récemment percés, proche du Louvre où loge l’empereur, est choisi en réaction à l’attentat de la rue Le Peletier de 1858. Le percement de l’avenue de l’Opéra a pour vocation de parachever la sécurisation des sorties au spectacle de Napoléon III.

1875 : inauguration du nouvel Opéra

Alors que les travaux battent leur plein, la guerre franco-allemande de 1870 vient tout arrêter brusquement. La défaite de Sedan, l’occupation militaire de la capitale provoque la chute du Second Empire et conduit à la Commune de Paris en 1871.

Devant les dépenses monstrueuses de la construction et les caisses de l’Etat désespérément vides, les travaux sont interrompus. Pour les représentations, la compagnie de ballet utilise la salle de la rue Le Peletier, faute de mieux. Malheureusement, un incendie en 1873 réduit en cendres le vieil opéra. Garnier est donc rappelé pour reprendre la construction en urgence, mais la dispersion des artisans et le non respects de certains plans initiaux entraînent des conséquences décoratives irréparables. Par exemple, le salon de la Lune et celui du Soleil, qui devaient au départ suivre le cycle de notre étoile (aller de l’Est à l’Ouest) ont été inversés.

L’inauguration du nouvel opéra, le 5 janvier 1875, réunira le lord-maire de Londres, le bourgmestre d’Amsterdam et la famille royale d’Espagne autour du président de la République, Patrice Mac Mahon.

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Un opéra majestueux, une compagnie prestigieuse

L’intérieur de l’Opéra est tellement majestueux, orné de mosaïques merveilleuses et décoré d’or, qu’il serait impossible de tout décrire. Parlons néanmoins de la salle de spectacle, magnifique théâtre à l’italienne, dont la coupole a été peinte par Chagall.

Située au-dessus de la voûte de l’ancienne rotonde des Abonnés, la grande salle de spectacle constitue le coeur même du palais. Epousant une forme de fer à cheval, avec ses quatre balcons, ses loges et ses stalles sur cinq niveaux, le lieu est prestigieux et habillé dans des tons de rouges et d’ors. Les dimensions de la scène sont impressionnantes : pensez que l’on peut faire rentrer l’Arc de Triomphe dans la grande salle !

La première coupole, conçue par Eugène Lenepveu, a été recouvertes en 1964 par Marc Chagall, à l’invitation de son ami, André Malraux, alors ministre des Affaires culturelles. L’oeuvre est composée de 12 panneaux latéraux et d’un panneau central circulaire, conçu comme une Olympe dans laquelle l’artiste rend hommage à 14 compositeurs. Malgré l’intérêt médiatique qu’elle a pu susciter, cette oeuvre reste néanmoins très controversée, encore de nos jours.

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Qui dit Opéra, dit forcément compagnie de danse de Paris. Elle figure parmi les plus anciennes et les plus prestigieuses du monde. Depuis 1989, elle se partage entre le Palais Garnier et l’opéra Bastille, inauguré la même année. Mais cela fera sans doute l’objet d’un nouvel article. Sortez vos chaussons, et un, deux, trois…

Chloé LOURENÇO