Arménie : élection sous haute tension

 Pendant près d’un mois, une vive crise politique a bouleversé l’Arménie. Après la démission le 23 avril de l’ancien président Serge Sarkissian de son poste de Premier ministre en réponse aux manifestations dans le pays, l’opposant Nikol Pachinian était le seul candidat en lice pour reprendre le flambeau de son prédécesseur. Défait par le Parlement le 1er mai, M. Pachinian a appelé ses partisans à bloquer la capitale arménienne, provoquant un mouvement de contestation sans précédent.

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Pachinian prend la tête du gouvernement

  En l’espace d’une semaine seulement, le Parlement arménien s’est réuni à deux reprises afin de se prononcer sur la candidature de Nikol Pachinian au poste de Premier ministre. Tout a commencé le 12 avril dernier lorsque M. Pachinian, ancien journaliste et député appartenant au parti libéral pro-européen Contrat civil (KP), a appelé à la mobilisation pacifique contre l’ancien président républicain Serge Sarkissian, déjà au pouvoir depuis dix ans, devenu récemment Premier ministre – un scénario redouté par plusieurs politiques arméniens. Certains y voyaient en effet un moyen pour Serge Sarkissian de rester au pouvoir le plus longtemps possible. En outre, l’ex-chef de l’État se voyait régulièrement reprocher le manque d’initiatives pour lutter efficacement contre la corruption en Arménie.

  Les manifestations encouragées par Nikol Pachinian, surnommé le « candidat du peuple« , ont pris une telle ampleur qu’elles ont mené à la démission de Serge Sarkissian le 23 avril. Une semaine plus tard, la coalition Yelk a proposé Nikol Pachinian comme candidat à la fonction de Premier ministre d’Arménie. Le lendemain, le 1er mai, les parlementaires arméniens, et notamment les représentants du parti politique au pouvoir, ont rejeté sa candidature. Suite à cette défaite, l’opposant a cette fois-ci appelé à la « désobéissance civile » et au « blocage total » des transports du pays. La mobilisation de ses partisans était telle que la capitale arménienne, Erevan, s’est rapidement retrouvée paralysée.

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  Face à l’échec du premier scrutin et menacé de dissolution, le Parlement a reconsidéré la candidature de Nikol Pachinian et a finalement voté majoritairement en faveur de son investiture (59 voix pour, 43 contre) en tant que chef du gouvernement de l’Arménie. Afin d’appuyer sa candidature auprès des députés, M. Pachinian avait notamment déclaré : « La première chose que je devrais faire après mon élection sera d’assurer une vie normale dans le pays. Il n’y aura pas de corruption en Arménie. Et le pays pourra tourner une fois pour toutes la page des persécutions politiques ». Toutefois, le nouveau Premier ministre arménien devra cohabiter avec un Parlement à majorité républicaine. D’aucuns évoquent déjà la possibilité de l’organisation de nouvelles élections législatives afin de pallier cette potentielle impasse politique.

Virginie CARDOSO