Le Parlement pleure Nicole Fontaine

Elle avait été la seconde femme après Simone Veil à présider le Parlement européen jusqu’en 2002. Nicole Fontaine, dont le parcours national et international est impressionnant, est morte le 17 mai dernier, à l’âge de 76. Retour sur la vie d’une femme, européenne convaincue et engagée pour la construction et le développement de l’UE. 
2177347_disparition-de-nicole-fontaine-ancienne-presidente-du-parlement-europeen-web-tete-0301702120818.jpg
Nicole Fontaine avait été la seconde femme à présider le Parlement européen, après Simone Veil. – Jack Guez/AFP

 

Des débuts français

Nicole Fontaine voit le jour le 16 janvier 1942 à Grainville-Ymauville, près de Fécamp. Ancienne avocate et responsable de l’enseignement catholique, elle s’était faite connaître en 1984, lors de la mobilisation contre le projet de loi Savary sur l’école privée. Cette loi a finalement été retirée par François Mitterand quelques mois plus tard, sous la pression de la rue.

Cette même année, elle était élue députée européenne, et c’est au sein de l’hémicycle bruxellois que son destin va basculer.

Européenne convaincue

Elle commence sa carrière européenne en 1984, lorsqu’elle se fait élire sur la liste ALDE de Simone Veil. Nicole Fontaine restera euro-députée jusqu’en 2009, date à laquelle elle prend sa retraite politique.

En 1999, elle est élue présidente du Parlement européen contre Mário Soares. Ainsi, elle est la deuxième femme –et la deuxième française– à diriger l’institution la plus démocratique de l’UE. Notons que Simone Veil et Nicole Fontaine sont, à ce jour, les deux seules femmes à avoir eu le privilège de diriger le Parlement. Cette dernière restera à la tête de l’institution jusqu’en 2002, alors qu’elle reprend temporairement une carrière nationale, sous le gouvernement Raffarin II. Nommée ministre déléguée à l’Industrie, elle avait porté la loi fondatrice de l’intente français, la loi pour la confiance dans l’économie numérique.

Après la victoire du Brexit en 2016, cette centriste, parfois surnommée « la Jeanne D’Arc de Strasbourg« , s’était dite peur surprise. Nicole Fontaine évoquait « une Europe malade de son déficit démocratique« , et voyait même dans le choix britannique « un choc salutaire« .

 

Hommage européen 

Son ancien collègue, Dominique Bussereau, a salué sur Twitter une femme « engagée avec courage et talent en faveur de la construction européenne« . Les hommages sont venus de toute l’Europe à l’annonce de son décès.

L’actuel président du Parlement, Antonio Tajani (PPE), a réagi en déclarant : « Son engagement pour l’Europe et ses valeurs continueront à nous guider durablement« . Le député centriste Jean Arthuis a décrit une présidente « investie avec enthousiasme, mettant sa vision et ses convictions au service de l’Union« . L’eurodéputée LR Françoise Grossetête a, quant à elle, rendu hommage à une ancienne « collègue estimée et influente à Strasbourg et à Bruxelles, oeuvrant sans relâche au renforcement de la démocratie parlementaire européenne« .

Ses obsèques ont eu lieu le 24 mai à Neuilly-sur-Seine.

Chloé LOURENÇO