Parlement : vers une politique agricole véritablement commune

Le 16 mai dernier, les députés de la commission agriculture du Parlement européen ont adopté des propositions sur la réforme de la Politique agricole commune de l’après 2020. La commission souhaite obtenir à terme une PAC mieux conçue, plus équitable, plus durable et véritablement commune pour garantir la sécurité alimentaire. Focus sur une réforme qui n’est pas une paille pour l’UE. 

PAC, mais de quoi parle-t-on ? 

La PAC est une des plus anciennes politiques communes de l’UE et l’une des plus importantes en matière budgétaire (environ 35% du budget européen). Créée par le Traité de Rome en 1957, ses grandes lignes sont définies à la conférence de Stresa (1958). Cependant, elle a véritablement été mise en place à partir de 1962.

Elle a pour objectif d’accroître la production de l’agriculture, de stabiliser les marchés en garantissant la sécurité des approvisionnements et d’assurer un niveau de vie équitable à la population agricole. Depuis peu, l’UE a rajouté à la PAC un volet « développement rural » et un volet « respect de l’environnement ».

La PAC a été l’un des fondements de la construction européenne. Elle est inconstetablement une réussite sur de nombreux points : modernisation de l’agriculture, immenses gains de productivité, développement de la production. Ainsi, grâce à elle, l’UE est devenue la deuxième exportatrice mondiale de produits agricoles. Toutefois, elle a rencontré de nombreux écueils, notamment en matière de surproduction, ou lors de l’entrée dans l’union d’un nouveau pays membre. C’est pourquoi, depuis 2013, Bruxelles essaye de réformer la PAC, dans la mesure où la précarité alimentaire au sein de l’UE n’existe plus comme en 1957.

 

Pas de renationalisation 

Selon les députés, il serait normal de permettre aux Etats d’adopter la politique agricole de l’UE à leurs besoins. Cependant, ils refusent d’envisager une renationalisation qui, selon eux, fausserait la concurrence sur le marché unique. Les activités agricoles devraient être soumises aux normes extrêmement strictes de l’union et leur violation devrait entraîner  des sanctions sévères aussi.

Financement adéquat et équitablement distribué

La nouvelle PAC doit rendre les exploitations agricoles plus durables, plus innovantes et plus respectueuses des bonnes pratiques. Pour cela, les députés insistent sur le fait que la PAC doit recevoir un financement suffisant. En d’autres termes, a minima, le budget à son niveau actuel pourrait être maintenu.

Les eurodéputés demandent que les paiements directs continuent d’être entièrement financés par l’UE, mais d’ici 2030, une nouvelle méthode de calcul devra être trouvée. En outre, les membres e la commission agriculture souhaitent augmenter le soutien au jeunes et aux nouveaux agriculteurs.

Le rapporteur italien Herbert Dorfmann a d’ailleurs déclaré : « Nous avons besoin d’objectifs ambitieux pour la future PAC. Nous devons garantir aux citoyens européens l’approvisionnement sûr en aliments de grande qualité […]. Cela implique également de rendre l’agriculture plus intelligente et innovante, et de mieux équiper les agriculteurs pour qu’ils puissent faire face aux fluctuations du marché. »

 

Les propositions formulées par les députés de la commission agriculture seront examinées par le Parlement européen dans son ensemble durant la session plénière de mai (28-31 mai prochain) à Strasbourg.

Chloé LOURENÇO