Mariano Rajoy quitte Las Cortes

Il était en poste depuis le 21 décembre 2011. Mariano Rajoy a été destitué la semaine dernière, renversé par une motion de censure déposée par le Parti socialiste espagnol (PSOE). Le Premier ministre espagnol a reconnu sa défaite vendredi matin et a quitté le Parlement, las Cortes. Pedro Sanchez, chef du PSOE, a pris la tête du prochain gouvernement immédiatement. 

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Une lente agonie

Huit heures dans un restaurant cossu de Madrid : c’est là que Mariano Rajoy a passé la journée du 31 mai, pendant que le Parlement débattait de la motion de défiance déposée par le Parti socialiste contre lui. Jeudi, en début de matinée, alors qu’il avait encore l’espoir de tenir face à ses détracteurs, il avait déclaré d’un ton sarcastique que Pedro Sánchez « voulait prendre le pouvoir à tout prix« , sans passer par les urnes. Au fil des heures, Mariano Rajoy a perdu sa verve, son ton est devenu monotone, et il a préféré se retirer loin des micros, comprenant que son sort basculait. L’estocade est arrivée vendredi 1er juin : une hétéroclite majorité de 180 députés allant des indépendantistes catalans aux nationalistes basques a voté la motion de censure, forçant le dirigeant conservateur à céder sa place.

Le coup est d’autant plus rude pour Rajoy, qui pensait jusqu’au bout pouvoir profiter des contradictions au sein d’une opposition très fragmentée. Il espérait ainsi résister aux attaques des socialistes, mais c’était sans compter sur l’électrochoc provoqué par une révélation qui désigne le Parti Populaire (PP), dont il est le chef de file, comme « participant à titre lucratif » dans un vaste réseau de corruption. En effet, l’affaire « Gürtel » a débuté en 2009. Ce cas de corruption politico-financier, dont le détournement est estimé à plus de 40 millions d’euros, impliquait d’importants cadres du PP, qui ont été condamnés fin mai 2018. Cet ultime rebondissement a initié la mise en place de la motion de censure.

« Démissionnez Monsieur Rajoy, votre temps est terminé. Démissionnez et cette motion s’achève ici« , a martelé Pedro Sánchez lors de ses nombreuses interventions face à un Rajoy parfaitement impassible.

Une situation inédite s’ouvre en Espagne, alors que les socialistes s’apprêtent à gouverner par surprise, avec seulement 85 députés au Parlement, grâce à la bonne stratégie de leur leader. Il faut attendre maintenant de voir ce que Pedro Sánchez fera, notamment avec la Catalogne, décidée à profiter du changement de gouvernement pour renouer des relations plus détendues avec Madrid. ¡A ver!

 

Chloé LOURENÇO