Alexis Tsipras et Zoran Zaev s’accordent sur le nom de la Macédoine

  C’est un accord historique pour ces deux pays qui se livraient une guerre diplomatique à cause d’un nom : le 17 juin dernier, les dirigeants d’Athènes et de Skopje se sont mis d’accord sur le nom de la Macédoine, mettant ainsi fin à une querelle longue de 27 années. La décision pourra permettre au pays nouvellement appelé « République de Macédoine du Nord » de faire les démarches pour adhérer à l’UE et rejoindre l’OTAN.

Résultat de recherche d'images pour "tsipras zaev"

Crédits photo : http://www.boursedirect.fr

La dénomination « République de Macédoine du Nord » acceptée par la Grèce

  Il y a quelques jours, le Premier ministre grec, Aléxis Tsípras, et le président du gouvernement de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, Zoran Zaev, ont fait l’Histoire : les deux dirigeants ont en effet signé un accord reconnaissant le nom de « République de Macédoine du Nord » pour désigner l’actuelle Macédoine. La cérémonie a eu lieu à Psarades, un village situé à la frontière entre la Grèce et la Macédoine. Federica Mogherini, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, s’est félicitée de cette entente rendue possible grâce au dialogue.

  Depuis l’indépendance de l’ancienne République yougoslave en 1991, le débat autour du nom de la Macédoine n’a jamais cessé, suscitant de vives tensions entre les deux pays voisins. Athènes s’opposait fermement au nom de « Macédoine » pour la désignation de ce territoire, s’indignant qu’il s’octroie le nom de sa province septentrionale, terre de ses rois antiques : Philippe II et Alexandre le Grand. Depuis lors, la Grèce ne reconnaissait de manière officielle le pays que sous l’acronyme ARYM, signifiant Ancienne République yougoslave de Macédoine.

  Si l’ONU ne reconnaît elle aussi que le nom d’ARYM depuis 1993, plus de 140 autres pays, dont la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la Chine ou encore la Russie. Les Etats-Unis, Le Royaume-Uni avaient accepté quant à eux le nom de Macédoine.

Et maintenant ?

  Mais la mise en oeuvre de cet accord ne s’annonce pas aussi facile que prévu : le texte est en effet prévu pour entrer en vigueur sous six mois et doit d’abord être « ratifié par le Parlement macédonien, approuvé par référendum et acté par une révision constitutionnelle« . La ratification par le Parlement grec sera ensuite nécessaire.

  Outre la longue procédure prévue pour l’entrée en vigueur de cette décision, la solution trouvée par Aléxis Tsípras et Zoran Zaev devra en outre faire face à de nombreuses contestations nationales, et ce, des deux côtés de la frontière. Les partis de droite macédonien et grec ont exprimé leur indignation à l’égard de cet accord, et des milliers d’habitants du côté grec de la région où s’est tenue la cérémonie se sont rassemblés pour manifester. Certains Grecs déplorent le fait que le Premier ministre ait cédé le nom de Macédoine, tandis que certains Macédoniens voient cela comme une capitulation.

  La reconnaissance officielle de la République de Macédoine du Nord va désormais permettre au pays d’entamer les démarches pour adhérer à l’Union européenne et rejoindre l’OTAN – chose jusqu’ici impossible étant donné que la reconnaissance internationale de la Macédoine avait été bloquée par Athènes.

Virginie CARDOSO