L’Autriche aux commandes de l’UE

Depuis trois jours, l’Autriche a pris la tête de la présidence tournante du conseil de l’UE. Il s’agit de la troisième présidence assurée par le pays de Sebastian Kurz, depuis son intégration à la CEE en 1995. La présidence autrichienne vient refermer le trio Estonie-Bulgarie-Autriche, commencé il y a tout juste un an. En janvier 2019, après six mois de travail, elle passera le flambeau à la Roumanie. Comment s’annoncent ces six mois de présidence autrichienne ? 

Liens avec la présidence bulgare 

Le soutien à l’intégration de la Serbie et du Monténégro faisait partie des priorités de la présidence refermée le 30 juin à Sofia. Soutenir le processus d’intégration des pays des Balkans, voilà un point qui relie les deux présidences, bulgares et autrichiennes. L’exercice de la présidence du conseil de l’UE n’est pas une première pour Vienne, qui a déjà occupé le poste en 1998 et 2006. Trois ans à peine après son adhésion dans la CEE d’alors, l’Autriche était déjà favorable à un élargissement à l’est, au nom des liens qui unissent les deux parties du continent européen. Sa situation géographique au coeur de l’Europe lui fait jouer un rôle de « pont » entre les anciens Etats-membres et ceux qui ont intégré l’UE en 2004.

La présidence sera assurée par le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, âgé de 31 ans. Le plus jeune dirigeant d’un Etat européen avait été élu en octobre dernier, après une session électorale rocambolesque et haute en couleurs en Autriche. Effectivement, en décembre 2016, le Vert, Alexandre Van der Bellen avait élu de façon éphémère, puisque la validité des élections avait été remise en cause… par Kurz lui-même ! Après la crainte de voir le FPÖ de Norbert Hofer l’emporter en octobre 2017, c’est finalement l’ÖVP, parti chrétien-démocrate qui a pris les rênes de l’Autriche, évitant ainsi de voir l’UE gouvernée par un euro sceptique pendant six mois.

« Une Europe qui protège »

Le gouvernement autrichien définit trois priorités qui s’intègrent dans le programme politique commun mis en place avec l’Estonie et la Bulgarie, à savoir : la sécurité et la migration, le maintien de la compétitivité par la numérisation et la stabilité dans le voisinage.

La communication de la nouvelle présidence a révélé : « La devise de la présidence autrichienne du Conseil de l’UE est la suivante: «Une Europe qui protège». Pour atteindre cet objectif, l’Autriche a choisi la démarche du renforcement du principe de subsidiarité. Il convient que l’Union européenne se concentre sur les grandes questions requérant une solution commune et qu’elle se tienne plutôt à l’écart dans les petites questions dans lesquelles les États membres ou les régions peuvent prendre de meilleures décisions. Cela a pour effet de tenir compte de la devise de l’UE: «Unie dans la diversité». »

Lors de la réunion de la Conférence des présidents du Parlement européen, le chancelier fédéral Sebastian Kurz a précisé : « Nous assumons une grande responsabilité en Europe avec la présidence du Conseil. Pour cela, une coopération étroite avec le Conseil européen, la Commission européenne et le Parlement européen en tant qu’institutions de l’UE est très importante pour nous ». Cette coopération entre les institutions européennes, les États membres et la présidence autrichienne doit permettre de répondre aux grandes problématiques de l’UE : la protection des frontières extérieures en relation avec la crise migratoire et ses conséquences politiques, économiques et sociales, les négociations du Brexit et le maintien de la compétitivité économique des 28. Sebastian Kurz a ajouté : « Nous assumons la présidence du Conseil dans une époque de tensions découlant de la crise migratoire, du Brexit et de crises internationales. De plus, il s’agit de la dernière présidence du Conseil complète ayant lieu avant les élections du Parlement européen [de 2019]. L’Autriche contribuera à renforcer la coopération dans l’UE »

Pour la présidence du Conseil de l‘UE, l’Autriche se voit dans le rôle d’un médiateur neutre. Dans le cadre de la présidence du Conseil et conformément à son rôle traditionnel, l’Autriche tâchera de jeter des ponts dans le souci d’atteindre plus d’unité dans l’UE.

Chloé LOURENÇO

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