[Throwback] 12 juillet 1998

En France, le 12 juillet 1998 est une date qui reste gravée dans toutes les mémoires. Que l’on soit jeune ou vieux, que l’on s’en souvienne ou non, qu’on l’ait vécu ou pas, chaque Français sait par coeur ce qu’il s’est produit cette nuit-là. Retour sur cet exploit réalisé par l’équipe de France il y a 20 ans, et qui pourtant, fait encore briller les yeux de tous, supporters ou non. 

Souviens-toi, France 98…

En 1998, la France accueille le Mondial pour sa seizième édition entre le 10 juin et le 12 juillet. Cela n’est pas une première, dans la mesure où le pays avait déjà accueilli l’évènement en 1938. Cependant cette fois-ci, 32 équipes s’affrontent pour remporter la précieuse coupe.

Le parcours de l’équipe de France, vers le titre à domicile n’est pas des plus aisés : Les Bleus, premiers de leur groupe du premier tour avec trois victoires, battent le Paraguay 1-0 en huitièmes de finale sur un but en or marqué en prolongations par Laurent Blanc, ils éliminent ensuite l’Italie aux tirs au but 4-3 au terme d’un match au score vierge, puis viennent à bout de la Croatie en demi-finale grâce au défenseur Lilian Thuram, improbable buteur, qui marque à deux reprises et propulse son équipe en finale. Le soir du 12 juillet 1998, la France retrouve sur la pelouse le Brésil, déjà plusieurs fois titré et qui compte bien repartir avec une étoile de plus sur le maillot.

Ce ne sera pas le cas. Zinédine Zidane marque deux buts de la tête sur corner en première-mi temps, puis Emmanuel Petit parachève le score en fin de match alors que la France joue à dix après l’expulsion de Marcel Desailly. Le soir, sur les Champs-Elysées, environ 1,5 millions de personnes fêtent la victoire des Bleus.

Zizou des cours d’école

Notre victoire, je ne m’en souviens pas, même en y pensant très fort, même en me secouant les méninges. A l’époque, j’avais seulement 5 ans, et le football ne m’intéressais pas pour deux sous. Ma famille n’était pas non plus scotchée à son écran, scrutant les passes décisives, implorant le dieu du ballon rond de nous donner un succès à domicile. J’ai un très vague souvenir du journal télévisé du lendemain midi, où l’on voyait le bus des Bleus remonter les Champs-Elysées devant une foule compacte de Français tous unis, tous fiers. Sur les trottoirs et sur les visages, seules trois couleurs émergeaient : le bleu, le blanc et le rouge. J’entendais également « Et 1, et 2, et 3, zéro ! » et je trouvais que cela sonnait bien, même si, je dois l’avouer, je ne comprenais pas exactement ce que cela voulait dire…

C’était une fête au coeur de l’été qui faisait danser tout le monde ensemble, riche ou pauvre, jeune ou vieux. Plus de barrières sociales, plus de différences d’origine, juste nous, le peuple français, uni, soudé. Et cette fête, cet exploit, je crois n’en avoir pris la mesure qu’un mois et demi après, lorsque je suis retournée sur les bancs de l’école et que tous mes camarades garçons s’était découvert un avenir professionnel tout tracé : « Tu veux faire quoi plus tard ? » demandait la maîtresse à Kevin, 6 ans. « Zizou ». Réponse franche et honnête.

Exit les carrières de docteurs, boulangers, professeurs, astronautes ou vétérinaires. Tous voulaient être « Zizou ». Pas footballeurs. « Zizou ». Remarquez, on comprend pourquoi ce joueur a déchaîné les passions…

Vingt ans après, les Bleus rêvent d’une deuxième étoile brodée sur leur maillot. Il suffit de voir comment les supporters exultent à chaque victoire de matchs, dès que le ballon rentre dans les cages de l’équipe adverse. Beaucoup de cette génération de 98, de ces enfants qui avaient mon âge alors (mais probablement un tout autre souvenir…) sautent de joie et se réunissent sur la plus belle avenue du monde pour fêter le succès.

Je ne sais pas si la profession de « Zizou » s’est transformée en « Pogba » ou « Griezmann ». Ce qui est sûr, c’est que l’équipe de France 2018 continue de faire rêver d’un bout à l’autre des générations et que le football possède cette faculté rare de nos jours à faire tomber toutes les barrières entre Français.

Allez les Bleus !

Chloé LOURENÇO

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