La Fraiseraie : frissons à Pornic

« L’authentique du fruit ». C’est ainsi que l’entreprise pornicaise se décrit dans ses dépliants colorés. Et ce n’est pas de la publicité mensongère ! La Fraiseraie est née au milieu des années 1970, chez des cultivateurs de fraises qui voulaient se faire de l’argent de poche. Depuis, l’entreprise s’est agrandie et développée… au point de devenir une référence pour tous Pornicais ou touristes dans la région. Et si on prolongeait un peu les vacances ? 

Entreprise familiale depuis 1970 

Au début, il n’y a pas beaucoup de personnages. Seulement Colette et Joseph Maillard en fait. Cultivateurs de fraises dans la région de Pornic (Loire-Atlantique), ils se contentent de vendre leur production sur les marchés. Puis leurs enfants, Jean-Luc et Jean-Nöel, qui les aident le temps des vacances, décident de faire de la confiture avec les fraises les plus mures et de rajouter ces nouveaux produits sur les étals de marché de leurs parents. L’argent récolté sera leur argent de poche. Succès garanti !

Les clients en redemandent tellement que Joseph et Colette reprennent la recette et continuent la production. Ils s’installent dans la foulée aux Terres-Jarries, à Pornic et ouvre leur premier atelier de fabrication.

En 1985, l’entreprise prend un nouveau tournant : elle ouvre sa première boutique -et aussi la plus célèbre- sur le port de Pornic, aux pieds du château, face à la noria. La Fraiseraie vend des glaces et ses fameux sorbets, réalisés avec du fruit « authentique ». En savourant votre glace deux boules (il faut bien au moins ça pour se donner le courage d’aller jusqu’à la Noëveillard ! ), vous aurez la sensation de croquer à pleines dents dans un abricot, une poire ou encore de déguster une vraie fraise. En fermant les yeux, c’est à s’y méprendre !

Depuis, en plein été, pas besoin de boussole ou de plan pour retrouver la boutique. Il suffit de suivre les hordes de gourmands faisant la queue en se demandant quel parfum choisir. Si vous hésitez encore devant la liste, sachez que La Fraiseraie fait des glaces « marbrées » : deux parfums en un ! Pratique, non ?

Une PME familiale 

La Fraiseraie compte 35 salariés, mais avec l’arrivée des beaux jours, elle accueille 170 travailleurs dans ses locaux.  La Fraiseraie détient onze magasins en Loire-Atlantique et à Noirmoutier, tous approvisionnés par la petite usine de Pornic. Le bâtiment s’est agrandi au même rythme que l’entreprise, mais il a atteint sa taille maximale en 2010.

« Notre développement est raisonné et maîtrisé, explique Christophe Mazaud, le directeur général. La Fraiseraie reste une PME à taille humaine, et nous voulons garder cet esprit de proximité. » Lorsque la famille Maillard a voulu céder l’affaire en 2015, c’est une autre famille, celle d’Alain Têtedoie, qui l’a reprise.

Elle a veillé à garder cette approche. La Fraiseraie travaille en circuit court et gère sa production« de A à Z, de la fraise à la vente ». Tout en étant exigeant dans le choix de ses autres matières premières, puisque la société confectionne une quarantaine de parfums de glace traditionnelle et huit de glace à l’italienne. Et même si la vanille et le caramel au sel de Guérande sont devenus « incontournables », c’est bien la fraise qui reste la plus demandée.

Tout juste cueillies à Pornic ou à Saint-Julien-de-Concelles, les fraises arrivent par chariots deux fois par jour à la porte de l’atelier. Elles sont d’abord triées, puis transformées en pulpe. Celle-ci est ensuite mélangée avec du sirop de glucose « fait maison » dans une sorbetière. Puis direction la mise en bac et le tunnel de surgélation à – 22 degrés. La glace est finalement stockée dans une sorte de congélateur géant, à -18 degrés. « Actuellement, il y en a environ 20 000 litres », signale le directeur général.

«Maintenant nous sommes presque plus connus pour nos glaces que pour notre production de fraises, remarque Christophe Mazaud. Pourtant, nous continuons à en produire 150 tonnes par an. C’est ce qui nous différencie, car des glaciers, il y en a plein! »

Alors n’hésitez plus si vous vous rendez au  « Petit Nice », l’autre nom de Pornic. Le voyage sera récompensé par un double cornet mûres/abricot ou caramel/fraise ou encore citron vert/framboise… Oh ! Vous aurez tout le temps du voyage pour y réfléchir !

Chloé LOURENÇO