Brexit : UE 1-0 Royaume-Uni

Depuis les 19 et 20 septembre dernier, le Brexit se dessine un peu plus précisément dans l’esprit des Européens. Pour Theresa May en revanche, l’exercice s’annonce plus périlleux que jamais. A six mois de la sortie effective du Royaume-Uni de l’UE, les Vingt-sept réunis au congrès de Salzbourg (Autriche) ont méticuleusement réduit à néant toutes les propositions britanniques. De quoi saper le moral de la Première Ministre. Dans le match en cours, l’UE mène 1-0… 

Une UE unie et forte face à Londres

Les Vingt-sept ne sont pas toujours sur la même longueur. Pourtant, les 19 et 20 septembre dernier, réunis à Salzbourg pour un congrès devant permettre, entre autres, l’avancée des négociations sur le Brexit, tous ont faire preuve d’unanimité pour faire peser une pression maximale sur les épaules de Theresa May.

Cette dernière a présenté un plan qui devait lui permettre de quitter l’UE en douceur « en ménageant un accès au marché unique pour les produits britanniques, mais pas pour les services » explique Le Monde. Rien à faire : chaque proposition a été balayée par ses homologues. Les dirigeants européens, suivis par les représentants des institutions européennes se sont tout bonnement appliquer à démonter une à une les propositions de Londres, dénonçant un plan « qui mettrait en danger le marché unique », selon Donald Tusk, président du Conseil européen.

Pour les dirigeants européens, rien n’a été improvisé. Le but était de montrer à Theresa May qu’elle n’avait plus la main sur les négociations du Brexit et que la dernière ligne droite était engagée, à six mois de la sortie du pays de l’UE. Et pourtant, il reste encore l’épineuse question de la frontière irlandaise à traiter !

Statut quo en Irlande

Cette question demeure d’ailleurs le dernier point de blocage entre Bruxelles et Londres. « Afin d’éviter un retour à la violence« , les deux parties ont déjà « convenues qu’il ne fallait pas une frontière dure entre l’Irlande du Nord – nation du Royaume-Uni – et la République d’Irlande« , expliquent Les Échos.

Mais reste à déterminer quelles nouvelles modalités encadreront cette frontière. Le négociateur européen Michel Barnier avait suggéré, fin 2017, de mettre en place un « filet de sécurité permettant à l’Irlande du Nord de rester alignée sur les normes européennes afin d’éviter les contrôles avec la République d’Irlande« , le temps de la période de transition, poursuit le quotidien économique. Mais cela reviendrait à arrimer définitivement la province nord-irlandaise à l’UE, ce que voudrait éviter Theresa May.

En Irlande, on pense toujours très sérieusement à faire un référendum pour réunir les deux parties de l’île. Rappelons que l’Irlande du Nord n’avait pas voté pour le « Leave », mais bien pour le « Remain ».

« Les Européens seront des étrangers comme les autres »

Après l’humiliation subie au Congrès de Salzbourg, la Première ministre britannique a décidé de changer de méthode et de hausser le ton. Effectivement, elle annonçait récemment la volonté de considérer les Européens résidants au Royaume-Uni comme « des étrangers comme les autres ». Après la loi sur l’immigration actuellement en préparation, la priorité sera donnée « aux travailleurs qualifiés en supprimant la libre circulation des citoyens européens« , rapporte Le Figaro.

« Quand nous quitterons [l’Union européenne], nous mettrons en place un système d’immigration qui met fin, une fois pour toutes, à la libre circulation« , a-t-elle poursuivi. Selon les informations qui ont déjà été annoncées, « les personnes souhaitant s’installer outre-Manche devront attester d’un certain niveau de revenu« , relate Ouest-France. Le but de la manœuvre est de garantir que ces personnes « n’occupent pas des emplois ‘qui pourraient être pourvus’ par la population britannique« .

Au sein de son parti, Theresa May fait également face à des divisions, qui, loin de l’aider, l’enfonce. Elle exécute un périlleux exercice d’équilibriste, tentant de plaire à tout le monde. Elle devrait détailler un peu plus son programme demain, lors de son discours au Congrès des Tories, réunis à Birmingham.

Une facture très salée

La question irlandaise et la libre circulation des Européens ne sont pas les seuls problèmes rencontrés par Theresa May. Effectivement, le coût du Brexit s’élève à 500 millions par semaine de livres. Le chiffre est révélé par « les conclusions d’une étude publiée le 30 septembre« , par le think tank Centre for European Reform (CER), rapporte Euractiv.

Ce chiffre exorbitant efface pour le moment d’éventuelles économies réalisées par le Royaume-Uni en arrêtant, par exemple, de contribuer au budget de l’Union. Pour l’heure, il est impossible quel sera réellement l’impact du Brexit sur le pays, mais on peut déjà dire qu’il ne sera sans doute pas positif.

A six mois de sa sortie, le Royaume-Uni semble plongé dans une incertitude croissante. Ce qui, en revanche, semble se profiler, c’est une détérioration des relations entre Londres et Bruxelles, ce qui est très dommageable pour les populations de part et d’autres de la Manche.

 

Chloé LOURENÇO 

Merci aux revues de presse de Toute l’Europe !

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