Le populisme gagne aussi au Brésil

Le dimanche 28 Octobre, les Brésiliens ont été appelés au vote pour élire leur nouveau président. Jair Bolsonaro, candidat d’extrême-droite, a été le grand gagnant de la soirée.

Les candidats des extrêmes

Après les premiers tours des élections le choix était fait. D’un côté, nous trouvons Jair Bolsonaro, équivalent de Donald Trump à la sauce brésilienne, très acclamé sur les réseaux sociaux (il compte plus de 15,4 millions de followers entre Facebook, Twitter et Instagram). Ce candidat d’extrême-gauche est connu pour son passé impliqué dans la lutte contre la corruption. Ses propos racistes et homophobes déchainent, un peu comme aux États-Unis, la partie de population intolérante le rendant ainsi le candidat parfait pour ceux qui ont le « Saco cheio » (ras-le-bol). Bolsonaro a basé sa campagne sur la lutte contre l’insécurité, problème majeur dans le pays, voulant mettre en place un abaissement de la majorité pénale de 18 à 17 ans et un assouplissement des lois sur le port d’armes. Le candidat d’extrême droite utilise de plus les faits liés à la corruption de Lula (ancien président du Brésil) contre son adversaire Fernando Haddad. Bolsonaro a été victime d’une tentative d’assassinat lorsqu’il faisait campagne dans la rue un mois avant le premier tour des élections.

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Fernando Haddad, chouchou de Lula (il a été ministre de l’éducation en 2005 lors du premier mandat de celui-ci), est un universitaire et philosophe qui a le rôle compliqué d’être considéré comme le nouveau visage du PT (Parti des Travailleurs). Contrairement à Jair Bolsonaro, il a fortement été critiqué pour s’être éloigné des classes les plus pauvres, notamment par ses propositions au niveau économique (fin du gel des dépenses publiques, interruption des privatisations, lutte contre l’évasion fiscale et réduction de la dette). La violence au sein du pays est également un thème abordé par Haddad qui, contrairement à Bolsonaro, veut améliorer la traçabilité sur les armes présentes dans le pays ainsi qu’un changement vigoureux sur la politique anti-drogues.

C’est avec cet air d’incertitude et d’agitation que les Brésiliens se sont rendus aux urnes le 28 octobre pour choisir leur nouveau président parmi ces deux candidats tout opposés.

Un changement politique dans le pays

Il est juste d’indiquer que Jair Bolsonaro a faillir gagner dès le premier tous (7 octobre) avec 46% des suffrages en sa faveur. Le résultat obtenu deux semaines après n’est donc pas si inattendu que ça.

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C’est avec un résultat de 55,13% des votes (44,87% pour Haddad) que Bolsonaro devient président du Brésil après 15 ans de domination du PT. Ce qui a encore une fois le plus choqué de ces élections, comme dans beaucoup d’autres pays où le populisme a triomphé, c’est que ce sont les candidats ayant les propos les plus loufoques qui ont su attirer les attentions du peuple. Dans ce cas, Bolsonaro ne sait pas gêner sur ses propos sur les noirs brésiliens et les homosexuels qui ont crier au scandale dans le monde entier. Mais le désormais président brésilien a trouvé un soutien de plus en plus croissant dans le pays jusqu’à en arriver à l’élection. Ce qui est encore plus intéressant de voir, c’est que contrairement à ce qui a pu être le cas dans nombreux pays, Bolsonaro a également réussi a obtenir le soutien des entrepreneurs du pays. En effet, après son élections, les titres brésiliens en bourse était positifs. De nombreuses manifestations ont eu lieu après l’élection de Bolsonaro par les minorités qu’il a fortement attaquées en campagne. Mais pour la majorité, le peuple brésilien veut donner une chance à son nouveau président.

Il est clair qu’il est encore trop tôt pour faire un bilan sur les actions de Bolsonaro et surtout pour voir s’il va répondre aux promesses faites durant la campagne électorale mais il est clair que cette énième victoire d’un parti populiste, à traits proches du fascisme, doit faire réfléchir toutes les classes politiques de gauche et droite sur ce qui est en train de manquer et ce qui peut être amélioré pour se rapprocher à nouveau des citoyens.

Natacha Da Rocha