Slovénie : quand l’Etat fixe les prix du carburant

« Gilets jaunes », « Bonnets rouges »… Autant de mouvements citoyens qui s’opposent depuis plusieurs années en France à la mise en place de la taxe carbone. Cette taxe vise à limiter les émissions de gaz à effet de serre en imposant les Français sur leur consommation d’énergies polluantes. Le but ? Arriver à une ville « dépolluée ». Et pourtant, en Slovénie, on a choisit un tout autre angle d’attaque ! 

Des prix fixés par l’Etat

Les stations essence slovène n’ont pas grand chose de différent des nôtres, si ce n’est qu’elle n’affichent pas le prix des carburants vendus. Personne ne cherche la station la moins chère du pays, et pour cause : tout est au même prix partout, un prix fixé par l’Etat. 

Si cela peut paraître étrange à première vue, pour les habitants, c’est une excellente solution. La fixation du prix par l’Etat apporte de la stabilité – les prix ne varient pas sans arrêt- et en prime, les prix sont moins élevés que chez les voisins de la Slovénie. Ils font même partie des tarifs les moins élevés d’Europe ! Deux fois par mois, l’Etat révise les coûts de l’essence, en tenant compte des cours mondiaux du brut, et appliquant des taxes à la hausse ou à la baisse. Si le pétrole augmente, l’Etat baisse automatiquement les taxes, de sorte que les habitants ne soient pas asphyxiés. C’est, en d’autres termes, une sorte de protection sociale.

A 1,27€ le litre de diesel et 1,22€ le litre d’essence, les prix sont en effet environ 20% moins chers que la moyenne européenne. Mais il faut toutefois penser que les salaires slovènes sont également moins élevés, et que malgré un coût compétitif, faire le plein reste une dépense importante pour la majorité des foyers. D’autant que la voiture est essentielle en Slovénie : le pays possède un très mauvais maillage de transports en commun, et les campagnes sont très mal desservies. 

Un pays parmi les moins pollué

Actuellement, les taxes représentent 62% des prix du carburants, dont 2% sont redistribués pour la transition énergétique. L’environnement n’est jamais pris à la légère dans ce petit pays montagneux, fier de ses paysages remarquables. La promotion des véhicules dits « propres » est fortement encouragée, et les Slovènes sont conscients de leur empreinte écologique. Ljubljana, la capitale, est fréquemment citée comme étant l’une des moins polluée d’Europe. 

Comme quoi, il n’est pas toujours nécessaire de taxer les automobilistes à outrance pour leur faire prendre conscience de la nécessité de changer leur mode de vie, même si la Slovénie reste un pays nettement moins peuplé que la France ou l’Allemagne, par exemple. 

Chloé LOURENÇO