Jouets « made in Europe » : plus compétitifs ?

A l’approche de Noël, les rayons « jouets » des magasins sont particulièrement convoités des grands comme petits. Si les poupées viennent en majorité de Chine, on trouve néanmoins de plus en plus de jouets « made in Europe ». Et s’ils sont en général un peu plus chers, ils sont aussi de meilleure qualité. Parents et enfants y trouvent leur compte. 

Des jouets plus réalistes

Au rayon poupées, la plupart des jouets vendus ont été fabriqués en Chine. On pourrait parler d’un monopole. Cependant, certains modèles européens arrivent à leur faire de la concurrence. C’est le cas par exemple des poupons espagnols, vendus à seulement 28€, contre 25€ pour les poupées asiatiques. 

Pour 3€ de plus, le baigneur aura l’air bien plus réaliste : il aura de vrais cils et des yeux qui bougent, sera pourvu d’une tétine ou habillé avec un peu plus de goût. Mais quelle est la recette de ce pays d’Europe pour réussir à rivaliser avec l’Empire du milieu, indétrônable depuis plusieurs années sur le secteur du jouet ? 

Une fabrication artisanale

Depuis quelques années, on note que les magasins de jouets se fournissent davantage en Espagne pour approvisionner leurs rayons. Dans la région d’Alicante, fabriquer des poupées est un savoir-faire que l’on se transmet depuis des générations. Si les première étaient réalisées en céramique, celles qui seront peut-être déposées sous votre sapin sont en vinyle. Mais la fabrication reste artisanale. 

On commence toujours par déposer de la pâte de vinyle rose dans les moules pour faire la tête, les pieds et les mains. L’ensemble est cuit 5 minutes à plus de 200°C. L’essentiel de la fabrication est manuelle car chaque poupée est différente. On s’attarde donc différemment sur les détails (couleur de la bouche, des yeux, tâches de rousseurs) en fonction du rendu attendu. 

Des salaires « meilleurs que le salaire minimum »

Les employés sont payés 1200€ net par mois. En Espagne, cette somme représente plus que le salaire minimum, parce que la création des jouets est une travail spécialisé. Pour le même travail, un salarié chinois sera rémunéré deux fois moins. 

Pour être compétitif, les entreprises espagnoles ont décidé de limiter les bénéfices sur chaque jouet vendu. La robotisation pour réduire les coûts est également une arme souvent utilisée par l’Espagne. Cela lui permet d’entrer sur le marché face à la Chine. Et d’y rester. Malgré la présence accrue des robots, les licenciements ne sont pas plus nombreux. Effectivement, les entreprises se développent et embauchent autrement.

Parfois, l’Espagne arrive même à être moins chère que sa concurrente principale en raison des coûts des transports, bien moins élevés que l’Asie. Pour les marchands de jouets européens, les avantages sont nombreux : la qualité des jouets est meilleure,  les transports moins onéreux et le réassortiment peut se faire plus vite. 

Alors, cette année pour Noël, pourquoi ne pas investir dans des jouets européens ? 

Chloé LOURENÇO