Fragilisée, la Roumanie prend la tête de l’UE


La Roumanie a pris la présidence tournante de l’Union européenne au 1er janvier 2019 pour la première fois depuis son adhésion en 2007. Une présidence qui s’annonce houleuse à l’heure où le pays connait des problèmes politiques internes et des tensions avec Bruxelles…

Les 6 prochains mois seront cruciaux avec un Brexit a priori effectif, les élections au Parlement européen, qui aura forcément un impact sur la présidence à la Commission (Jean-Claude Juncker quittant ses fonctions et ayant annoncé qu’il cèderait sa place). La Roumanie a donc du pain sur la planche pour sa première présidence.

téléchargement (2)Le gouvernement roumain se concentre déjà à limiter les dégâts au sein de son propre gouvernement. En effet, certains de ses membres sont impliqués dans des scandales de corruption. Les polémiques avec le reste de l’UE se multiplient, notamment avec un revirement très conservateur et une réforme de la justice qui avantagerait l’élite corrompue. Le président Klaus Iohannis et la Première ministre Viorica Dăncilă pourront-ils gérer à la fois leur pays et le leadership européen ?

De nombreux bureaucrates européens à Bruxelles ont exprimé leurs craintes quant à l’efficacité et les épaules de la Roumanie pour diriger l’Union. La Roumanie traverse un crise, a un revirement « illbéral », connaît quelques défauts démocratiques. La Roumanie prend la tête de l’Europe mais prend la tête à Bruxelles.

Mais il ne faut pas diaboliser l’État membre. Malgré sa position conservatrice voire extrême, l’Autriche a réussi à gérer l’Europe pendant les six derniers mois, de manière cohérente aux attentes européennes. Pourquoi pas la Roumanie ?

Enfin, cette nouvelle présidence s’inscrit dans un nouveau triplet : Roumanie, Finlande et Croatie. Dans ce système, 3 pays annoncent un programme commun pour 18 mois (6 chacun donc) qu’ils s’efforceront de mettre en place selon l’actualité. Pour ces 3 États, les points principaux tourneront autour d’Europe plus sociale et plus convergente, un renforcement de la sécurité et de la cybersécurité, un politique extérieure diplomatique européenne plus accrue ainsi qu’une Europe plus tolérante et démocratique (un comble pour la Roumanie ?).

La Roumanie n’a pas spécialement fourni plus de détails concernant son propre programme. Doit-on craindre un vide politique ou une stratégie au vu de l’actualité chargée qui s’annonce ?

Wassila ZOUAG

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