La présidence tournante de l’UE

Depuis le traité de Lisbonne et son entrée en vigueur en 2009, l’UE connaît une présidence tournante tous les 6 mois. Le but ? Que chaque État membre dirige l’organisation à tour de rôle. 

L’Union européenne a deux présidences :

  • la présidence du Conseil européen dite « stable » avec un président élu pour 2 ans et demi (renouvelable 1 fois) qui représente l’UE et participe au Conseil européen avec les chefs d’État et de gouvernement des bientôt 27.
  • la présidence du Conseil de l’UE (qui nous intéresse maintenant) avec un pays qui prend les rênes tous les six mois. À tour de rôle, un pays dirige l’UE, principalement dans sa structure ministérielle.

Un fonctionnement particulier

Le fonctionnement de cette présidence tournante est quelque peu spécifique. Elle marche par triplet : 3 pays (avec en général au moins un « grand/ancien » pays) travaillent conjointement sur 18 mois (6 chacun) sur un programme et une direction commune. Ces triplets ne changent pas d’un calendrier à l’autre pour avoir une certaine continuité d’équipe de travail entre les 3 nations.

Une Europe à organiser

Les objectifs primaires de la présidence sont la mise en place de leur programme mais surtout l’organisation de toutes les réunions européennes impliquant des représentants ou des ministres. Par exemple, la réunion des ministres de l’Agriculture de la zone européenne devra être préparée par le pays qui présidera pendant cette période. On peut donner d’autres exemples comme le Conseil des Affaires générales (CAG) pour les ministres chargés des Affaires européennes ou les réunions Justices/Affaires intérieures (JAI) pour les ministres européens de l’Intérieur. Le cas est appliqué à toutes les réunions sauf le Conseil des Affaires étrangères – réunissant les ministres des Affaires étrangères – qui est présidé par le Haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Cela permet d’impliquer les gouvernements, qu’ils soient pro- ou anti-Europe, dans la structure pure et essentielle de l’UE. L’autre but est d’intéresser les citoyens à l’Europe, davantage lorsque leur pays préside.

Le rôle de la présidence tournante implique un gros travail des représentations permanentes auprès de l’UE de chaque pays membre. Elles doivent tout gérer, organiser et préparer. Leur rôle, pendant cette période, est d’établir l’agenda politique.

Un poids lourd pendant 6 mois

Présider l’UE implique de grandes responsabilités : un programme peut avoir été pré-établi mais l’actualité est fluctuante et les projets peuvent être chamboulés. Le pays présidant est donc en première ligne pour régler les éventuels problèmes. Il devient l’intermédiaire et le responsable devant l’Europe. Ses maîtres-mots deviennent « coopération » avec les autres États membre et « représentation » auprès des autres institutions de l’Union.

Le calendrier actuel est prévu jusqu’en 2030 et a dû subir un petit lifting avec le départ du Royaume-Uni en mars prochain.

La présidence tournante du Conseil de l’UE peut paraître moins efficace car 6 mois n’est pas une assez longue période pour mettre en place des changements. Cela permet néanmoins à tous les États membres d’être au premier plan et aux dirigeants de mieux saisir l’ampleur et les enjeux européens.

Wassila ZOUAG