Pologne : Pawel Adamowicz n’est plus

Gdansk est en deuil. Son maire, Pawel Adamowicz, poignardé dimanche au cours d’une manifestation caritative, a succombé à ses blessures lundi soir. Des milliers de Polonais se sont réunis dans le centre historique de la ville pour protester contre la violence et rendre hommage à celui qui a été leur maire pendant 20 ans.

Il était aux environs de 20 heures dimanche soir lorsque le destin de Pawel Adamovicz bascule. Alors qu’il assiste au concert final du Grand Orchestre de de Charité de Noël (l’équivalent du Téléthon polonais), un homme surgit sur la scène et assène à l’édile plusieurs coups de couteau. Avant d’être maitrisé par la police, l’homme a eu le temps de hurler : « J’étais innocent en prison, la plate-forme civique m’a torturé, c’est pourquoi Pawel Adamovicz est mort« .

Hospitalisé immédiatement, la maire de Gdansk a succombé à ses blessures lundi, en début d’après-midi. Les médecins ont indiqué qu’il avait subi une blessure grave au coeur et d’autres au diaphragme. Il a perdu une quantité si importante de sang, que les 15 litres de transfusion n’auront pas suffi.

« Un visage bon, contre la haine et le mépris »

Dans la soirée, des milliers de personnes se sont rassemblées en silence dans le centre historique de Gdansk pour rendre hommage à Pawel Adamowicz et protester contre la violence.

 » Cher Pawel, je veux te promettre que pour toi, pour nous, nous défendrons notre Gdansk, notre Pologne et notre Europe contre la haine et le mépris. Nous te le promettons. Adieu Pawel« , a déclaré à la foule Donald Tusk, président du Conseil européen, arrivé sur place dans la soirée pour rendre hommage à son ami et ancien allié politique. Rappelons que l’actuel Président du Conseil européen est également originaire de cette ville de la côte baltique.

« Tu as toujours été là où il fallait pour montrer un visage bon et courageux pour s’opposer au mal » a-t-il encore ajouté. Des rassemblements ont eu lieu dans d’autres villes du pays, notamment Varsovie et Cracovie, mais aussi Poznan et Wroclaw.

Deuil national

Le Président polonais, Andrezj Duda, a lui-même annoncé que le jour des obsèques de l’ancien maire de Gdansk, serait décrété jour de deuil national. La Pologne se réveille ce matin en découvrant une violence qu’elle n’a presque pas connue depuis la chute du communisme, il y a 30 ans, hormis l’assassinat à Lodz d’un cadre du PiS, le parti conservateur alors dans l’opposition.

Partout dans la foule, on entend se murmurer de l’incompréhension de la part des habitants de la ville. Personne ne comprend ce déchaînement de violence, surtout envers un maire qui était apprécié de tous.

Concernant l’agresseur de Pawel Adamovicz, il devrait faire l’objet d’une analyse psychologique afin de déterminer s’il était responsable de ses actes au moment des faits ou non. Ses revendications demeurent obstruent; toutefois, il s’en est pris au principal parti d’opposition, la Plateforme civique, qui l’aurait torturé. Ce parti avait soutenu la candidature de l’ancien maire de Gdansk aux dernières municipales –qu’il avait remportées haut la main (64%)– ce qui selon lui, justifiait sa mort.

Chloé LOURENÇO