L’Europe en Bulgarie

Les élections européennes auront lieu au mois de mai prochain. Voix d’Europe a décidé de faire le tour des 27 membres de l’UE pour prendre le pouls de chaque Etat avant ce scrutin important.

Données générales sur la Bulgarie

Nation la plus pauvre de l’UE, la Bulgarie ne fait pas vraiment d’elle à l’échelle européenne. Avec plus de 7 millions d’habitants répartis sur près de 111 000 km², le pays est à la frontière extérieure de l’UE avec des frontières avec les Balkans et la Turquie.

Les Bulgares voteront le dimanche 26 mai 2019 pour la 2ème fois depuis leur adhésion en 2007. Ils choisiront leurs 17 députés européens, ne gagnant ni perdant aucun siège après la sortie du Royaume-Uni. La Bulgarie ne représente qu’une seule circonscription nationale.

Les Bulgares votent sur un système de listes, au scrutin proportionnel plurinominal : plus le score de la liste, plus des personnes de cette liste sont élues.

En 2014, le taux d’abstention s’élevait à 64%. Les Bulgares n’étaient pas vraiment mobilisés.

UE-Bulgarie : quelles relations ?

L’histoire de la Bulgarie avec l’UE est quelque peu particulière, liée notamment à l’ancien Empire ottoman et aux Balkans, non membres de l’UE.

La Bulgarie s’est rapprochée de l’UE pour obtenir de l’aide après des décennies sous domination soviétique. Dès 1995, le pays pose sa candidature. Durant 10 ans, les négociations ont lieu. Il faut dire que le pays a beaucoup de travail devant lui pour pouvoir intégrer l’Union. Finalement, l’accord d’adhésion est signé en 2005 pour une entrée au 1er janvier 2007.

Les Bulgares apprécient l’aide de l’UE, dont ils bénéficient de manière assez importante. Pour autant, ils ne s’investissent pas plus que cela. Qui entend l’avis de la Bulgarie dans les affaires courantes ? Malheureusement, pas grand monde et cela est bien dommage. Sa position de carrefour pourrait être un avantage aux relations extérieures de l’UE.

Le commerce de la Bulgarie repose très largement sur l’UE. 68% de ses exportations se font à l’intérieur de l’UE tandis que 67% de ses importations proviennent de pays membres de l’Union.

En 2004, 75,6% des Bulgares avaient un avis favorable concernant l’UE.

Europhiles ou europhobes ?

Les Bulgares sont plutôt europhiles, d’une manière générale. Dirigé le plus souvent par le parti des conservateurs, le pays suit paisiblement le feuilleton européen. La Bulgarie possède la dette publique la plus faible de l’Union. Bien que la situation soit bonne, les dirigeants ne s’offrent aucun faux-pas dans la gestion du déficit et de la dette.

Un parti d’extrême-droite, Volya, existe. Marine Le Pen a tenté de s’y allier à l’automne dernier pour les élections européennes dans sa tournée des partis populistes européennes. Ce parti a gagné 12 sur 240 au Parlement bulgare en 2017. Bien que progressant, ce parti n’est pas aussi important que le RN en France ou la Liga en Italie. Mais il faut faire attention à la montée du parti aux élections européennes qui ne mobilisent pas les citoyens.

Priorités bulgares

La Bulgarie a occupé la présidence du Conseil de l’UE de janvier à juin 2018 en acceptant de prendre la place calendaire du Royaume-Uni (dont la présidence n’était plus possible en raison du vote sur le Brexit). Lors de sa position en tête de l’Europe le Bulgarie a dû se charger du Brexit et de la crise migratoire, qui frappait le pays de plein fouet. En effet, la Bulgarie était un des points de passages très utilisés par les migrants sur leur route vers l’UE. Le bilan de sa présidence est mitigé, comme la plupart des pays européens.

La Bulgarie veut désormais entrer dans la zone euro (sa monnaie actuelle étant le lev bulgare) et dans l’espace Schengen. Son économie précaire et sa position aux frontières extérieurs, toujours fragiles, ne présagent rien de bon pour une entrée prochaine.

La Bulgarie, comme beaucoup de pays de l’Est, ne fait pas parler d’elle et n’a pas beaucoup de voix en Europe. Malgré toute sa discrétion, c’est un pays à ne pas négliger en raison de sa position géographique, sa richesse culturelle spéciale et sa rigueur économique.

Wassila ZOUAG