La Hongrie et la Pologne vs. l’UE

Les élections européennes approchent à grands pas. A 16 jours de l’ouverture de certains bureaux de vote, quelle est la situation en Hongrie et en Pologne, où les populistes ont pris le pouvoir ?

Les Hongrois, toujours pro-Orban

Les Hongrois devront élire 21 eurodéputés le dimanche 26 mai. La Hongrie a est des pays européens qui a viré le plus à droite ces dernières années. Les crises continuelles et successives au sein de l’Union ont renforcé le sentiment de peur des Hongrois. La crise migratoire et les crises économiques ont induit le revirement à droite du Fidesz d’Orban, au pouvoir depuis 2010.

La campagne électorale bat son plein en Hongrie. Viktor Orban a invité d’autres partis populistes au mois d’avril pour tenter de créer un groupe eurosceptique lors des élections de fin mai. Le Fidesz reste en tête des sondages avec au moins 50% des intentions de vote. Un score énorme pour un seul parti. Et au moins 12 sièges pour les populistes.

Il ne faut pas pour autant penser que les Hongrois sont anti-européens. Bien au contraire, ils sont plus de la moitié à être pour l’Union. Ce qu’ils veulent ? Changer Bruxelles et contrôler davantage l’immigration. Deux propositions soufflées par M. Orban…et qui ont bien été entendues par le peuple hongrois.

Les partis polonais au coude-à-coude

La Pologne, tout comme la Hongrie, est dirigée par le parti « Droit et Justice » (PiS), à tendance bien ancrée à droite. Qualifié de populiste, le gouvernement a connu quelques revers ces derniers mois avec les manifestations des Polonais et surtout des Polonaises contre l’interdiction de l’IVG.

La Pologne dispose désormais de 51 sièges au Parlement européen, 1 de plus qu’avant la sortie du Royaume-Uni.

Les deux partis principaux, le PiS et la Plateforme civique (PO), ont décidé de former des coalitions pendant la campagne électorale pour les européennes afin de limiter la portée de l’autre. Ainsi le PiS a formé la coalition « Droite unie » avec d’autres partis de droite dans une dimension populiste et anti-européenne. Quant à la PO, elle a mis en place une « Coalition européenne » avec des partis du centre et de la gauche, en opposition au PiS.

Robert Biedron, ancien député et premier homme politique polonais ouvertement gay, a fondé son propre parti « Wiosna » (« Printemps »). Il se place notamment pour une séparation de l’Église et de l’État ainsi que pour le droit des homosexuels et des femmes.

Question sondages, le PiS et la PO sont au coude-à-coude, accrédités chacun de 19 sièges. Par rapport à 2014, le PiS en gagnerait 5 et la PO 1. Ce qui correspond à la montée du PiS ces dernières années.

Les deux pays du Visegrad 4 se ressemblent fortement. Les européennes s’annoncent victorieuses pour les deux gouvernements et un mauvais présage pour l’UE, qu’ils essayeront de déstabiliser. Les partis actuellement au pouvoir gardent la confiance de leur peuple. Pour le moment.

Wassila ZOUAG