8 mai 1945 : c’est la victoire !

« La Guerre est gagnée ! Voici la victoire ! C’est la victoire des Nations Unies et de la France ! » Voici le début du message radiodiffusé du général de Gaulle en ce 8 mai 1945. Effectivement, vers 23h00, la guerre est officiellement terminée, après la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie, signée à Reims le 7 mai de la même année. Il faudra de nombreuses années à l’Europe pour panser ses plaies et faire le deuils des millions de morts. Et de cette barbarie sans nom, naîtra, moins de cinq ans plus tard, la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier :la grand-mère de notre Union européenne.

Le tournant de la guerre

Le tournant de la guerre s’est produit lors de la bataille d’El-Alamein, en octobre 1942. A partir de cette date, les armées allemandes subissent défaite sur défaite et reculent sur tous les fronts. En février 1945, Dresde est écrasée sous les bombes. La jonction des troupes soviétiques et anglo-américaines a lieu le 25 avril 1945 au milieu de l’Allemagne, sur l’Elbe.

Le 30 avril, le suicide de Hitler, terré dans son bunker de Berlin avec son dernier carré de fidèles, sonne le glas des espoirs allemands. Il revient à son successeur, l’amiral Dönitz, de demander la cessation des combats aux puissances alliées. Celui-ci, désigné par Hitler comme son successeur, ainsi que son état-major, ont compris que toute résistance est vaine. Dönitz consacre son énergie à ce que les troupes allemandes se rendent aux Alliés occidentaux et non aux Soviétiques, avant tout pour que les prisonniers allemands soient traités selon les conventions internationales, et non massacrés ou déportés en Sibérie. Il envoie le général Alfred Jodl, chef d’état-major de la Wehrmacht, à Reims, au quartier général des forces alliées du général Dwight Eisenhower.

Fêtez la victoire !

Apprenant que la reddition de l’Allemagne nazie s’est produite dans la nuit du 7 mai, Staline est fou furieux. Il veut à tout prix que la capitulation des ennemis se produise à Berlin, la capitale du III Reich, où l’Armée rouge règne en maître. Pourtant, parmi la population des deux côtés du Rhin, des bruits de victoire et de cessez le feu circulent. Est-ce bien vrai ? Cette boucherie est-elle vraiment terminée? Pour de bon ?

Le 8 mai, à Berlin cette fois-ci, l’acte de capitulation est de nouveau signé. Bien que la France se soit officiellement retirée des combats par l’armistice du 22 juin 1940, le général de Gaulle obtient de Staline de se faire représenter par le chef de la première armée française, le général de Lettre de Tassigny. Cette formalité se tient au quartier général des forces soviétiques, sous la présidence du maréchal Gueorgui Joukov. Après que le maréchal Wilhelm Keitel, chef d’état-major de la Wehrmacht, a signé les protocoles de la capitulation, la délégation allemande est poussée vers la sortie et les vainqueurs donnent libre cours à leur joie dans un banquet qui se prolonge jusqu’au matin.

La capitulation n’est pas la paix

Les chefs d’État et de gouvernement alliés, dont le général de Gaulle, peuvent annoncer simultanément sur les radios la cessation officielle des hostilités en Europe.

Mais malgré la capitulation de l’Allemagne nazie, son allié le Japon poursuit un combat désespéré contre les Américains dans l’océan Pacifique. Il faudra les deux explosions atomiques de Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945, pour le contraindre à capituler, près de quatre mois après l’Allemagne. Le 2 septembre 1945, le Japon capitule à son tour, mettant un point définitif à la guerre la plus meurtrière du XXè siècle.

La naissance de la paix européenne

Six ans de guerre, de massacres, d’exactions et de torture auront été nécessaire pour pousser les hommes politiques européens à s’unir. Tisser des liens commerciaux pour éviter les coups de fusils, telle sera la devise des Pères fondateurs de l’Europe, Schuman, Adenauer, Monnet ou Spinelli. Se battre ensemble pour un avenir commun pacifique plutôt que de se battre l’un contre l’autre. Faire naître une Europe unie et harmonieuse sur les ruines des charniers.

Cela passera par la création en 1951 de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). Allemagne et France sont désormais réconciliées, même si l’on n’oublie pas le passé. Il s’agit bien là d’une prouesse politique, car en France, les plaies n’étaient pas tout à fait pansées et les « boches » étaient encore bien présents dans les paysages désolés et en cours de reconstruction. Et pourtant…

Chloé LOURENÇO