Bon anniversaire, l’ESA !

Le 30 mai 1975 était créée l’ESA, l’agence spatiale européenne. Elle coordonne les projets spatiaux menés en commun par une vingtaine de pays européens. Avec un budget de 5 720 millions d’euros, elle est la troisième agence spatiale au monde, après la NASA et l’agence spatiale russe. Et aujourd’hui, l’ESA fête son 44è anniversaire !

Les premiers pas

La formidable histoire de l’agence spatiale européenne commence dès les années 1950, lorsque la France et le Royaume-Uni engagent ensemble des programmes de missile balistiques intercontinentaux. Les deux pays s’associent même pour lancer des programmes spatiaux nationaux. A l’époque, la « Course aux étoiles » est ouverte et une question demeure : qui posera un pied sur la Lune en premier ?

Les moyens financiers engagés par l’Europe sont limités, par rapport aux millions apportés par les Etats-Unis et l’URSS. Au début des années 1960 des personnalités européennes issues de différents domaines et en particulier des scientifiques, qui constatent qu’un nouveau champ de recherche vient de s’ouvrir, demandent la création d’un programme spatial scientifique européen animé par un organisme analogue au Conseil européen pour la recherche nucléaire (CERN). Le 1er décembre 1960 une conférence réunissant onze pays européens à Meyrin en Suisse décide de la création de la Commission préparatoire européenne pour la recherche spatiale (COPERS). Les travaux de cette instance aboutissent en 1962 à la création de l’ESRO (European Space Research Organisation, en français Conseil européen de recherches spatiales ou CERS) dont l’objectif est la réalisation de satellites scientifiques et qui réunit neuf pays européens. La même année six d’entre eux décident de s’associer au sein l’ELDO, (European Launcher Development Organisation, en français Centre européen pour la construction de lanceurs d’engins spatiaux ou CECLES) pour le développement d’un lanceur européen baptisé Europa. Les deux organisations deviennent opérationnelles en 1964. Par ailleurs l’émergence de la technique des télécommunications par satellite suscite la création de la Conférence européenne des télécommunications par satellite (CETS) en mai 1963.

Mais ces différentes organisations ont du mal à atteindre leurs objectifs. Le lanceur européen, dont la conception résulte d’un compromis politique et qui manque d’un véritable maître d’œuvre est un échec complet et l’ESRO n’obtient que des résultats modestes. Les principaux pays membres ont des priorités différentes ce qui freine l’avancement des programmes. En 1968 on évoque pour la première fois la création d’une agence spatiale unique qui piloterait à la fois le développement des lanceurs et des satellites. Celle-ci comprendrait des programmes obligatoires et des programmes supplémentaires facultatifs pour prendre en compte les priorités différentes des pays membres. Finalement l’échec de la fusée Europa (sept échecs dont le dernier en 1972 sur sept lancements) impose une remise à plat de l’organisation du programme spatial européen.

30 mai 1975 : naissance de l’ESA

Après de délicates négociations entre la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, un accord est trouvé en juillet 1973 pour mettre sur pied qui permettrait le financement des programmes attendus par les principaux pays membres :

C’est notamment grâce au module Spacelab fourni par l’Europe à la NASA que la coopération entre les deux continents est lancée. Ce module sera emmené dans la soute de la navette spatiale américaine et servira à de nombreuses reprises de module laboratoire. Ainsi, la puissance de la recherche scientifique sera considérablement augmentée.

De son côté, le lanceur Ariane (qui fêtait le 25 juillet dernier son 94è lancement réussi) n’a connu qu’un seul échec depuis sa création. Ariane fait partie des réussites incontestées de l’UE en matière spatiale.

Le tournant des années 2000

C’est en octobre1995 que le Conseil ministériel de l’ESA approuve la participation de l’Europe à l’ISS.  En 1998, le Centre allemand d’opérations spatiales est choisi pour contrôler le laboratoire européen. Pendant presque 10 ans, Européens et Américains travaillent ensemble à la création d’un laboratoire spatial, Columbus, qui doit être rattaché à la Station Spatiale Internationale (ISS). Ce dernier sera d’ailleurs envoyé dans l’espace par les Etats-Unis, mais plusieurs éléments de fourniture seront construits par l’ESA.

La gestation de l’ESA a été longue, mais son éclosion est formidable. Le premier projet mené par l’UE est le projet Gallileo, un système de positionnement par satellite, développé exclusivement par l’UE. L’une des motivations de ce projet était d’arrêter – ou du moins de réduire- la dépendance de l’Europe vis-à-vis des USA dans le domaine de la géolocalisation. Lancés en 2014, les satellites de Gallileo sont opérationnels depuis 2019.

L’ESA continue ses projets scientifiques et de recherche principalement pour des missions spatiales astronomiques telles que CoRoT, lancée le 27 décembre 2006, une étape importante dans la recherche d’exoplanètes. Les missions Mars Express et Venus Express sont lancé vers respectivement Mars et Vénus en 2003 et 2005. La sonde cométaire Rosetta est lancée en 2005. Elle a pour mission de recueillir des données sur la composition du noyau de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimienko (surnommée, pour des raisons évidentes, Tchouri).

Thomas Pesquet

En 2006, l’ESA envoyait ses premiers vols habités dans l’espace. l’Allemand Thomas Reiter était le premier à voyager en dehors de l’atmosphère grâce à l’UE. Depuis, les vols et les missions se sont succédés. L’astronautes européen le plus connu est sans conteste Thomas Pesquet, qui aura passé 196 jours à bord de l’ISS dans le cadre de la mission Proxima. Il aura envoyé sur Terre des clichés d’une beauté effrayante, montrant toutes les richesses de notre planète, mais aussi sa fragilité. Depuis son retour, l’astronaute ne cesse de mettre en garde contre le réchauffement de la Terre, et pour sa protection.

Située à Paris, l’ESA demeure toujours une agence peu connue du grand public, mais qui tend à se développer. Son histoire, sa création, en font une des agence européenne les plus prometteuses. Elle fête aujourd’hui ses 44 bougies et nous lui souhaitons de poursuivre ses missions fantastiques vers l’Espace, et qui sait ? Peut-être Mars, un jour !

Chloé LOURENÇO