Bienvenue dans le Game of Thrones made in Europe !

Nouvelle élection au Parlement européen implique nouvelles présidences à la Commission européenne, au Parlement européen, la diplomatie, la Banque centrale européenne et au Conseil européen. Jean-Claude Juncker, et Donald Tusk quitteront leur poste au 1er novembre. Et la bataille pour la succession s’annonce terrible.

« Quand on joue au jeu du trône, on gagne ou on meurt ». C’est ce que les candidats aux différentes présidences des institutions européennes commencent à comprendre. Les dernières élections européennes ouvrent en effet la voie à des nouvelles têtes au sommet de l’UE. M. Juncker a annoncé l’année dernière qu’il ne rempilerait et M. Tusk a déjà fait 2 mandats, limite pour présider le Conseil. Antonio Tajani n’a, pour l’instant, pas clarifié ses positions. Les candidats aux divers postes sont en tout cas nombreux, tout comme les divergences… Différentes étapes nous amèneront à une nouvelle UE.

1. L’élection du/de la président-e du Parlement européen

Début juillet aura lieu la première session plénière du nouveau Parlement européen. Les eurodéputés devront élire leur nouveau président. Aucun nom n’a vraiment été mis en avant jusqu’ici.

Chaque groupe politique doit présenter un député de leurs rangs. Le vote se fait à la majorité. Si aucun candidat n’obtient 50%, un 2ème tour est organisée.

Ce vote risque d’être intéressant puisque aucun parti européen n’a de majorité et que les groupes sont très disparates. Va-t-on assister à des alliances ? Des efforts temporaires pour contrer les populistes ? Le suspense est à son comble.

L’élection du prochain dirigeant du Parlement permettra de passer à l’étape suivante.

2. Le choix de la Commission

Et la bataille a déjà commencé pour la présidence ! Le système « original » est celui du « Spitzenkandidat » : le leader d’un groupe politique européen devient automatiquement candidat à la Commission. En gros, celui qui arrive à devenir chef par divers biais et sans qu’on le connaisse peut obtenir la place d’or.

Le système du Spitzenkandidat devrait annoncer Manfred Weber, leader du PPE, majoritaire au parlement, comme futur président. Ce système a été remis en cause par plusieurs Etats membres, dont la France. Leur argument est le déficit démocratique de ce système qui induit l’élection d’une personne qui n’est pas choisi transnationalement. L’argument est noble, certes, mais purement stratégique à l’heure où les partis traditionnels sont en danger.

Les candidats annoncés et favoris sont Margrethe Vestager, l’actuelle commissaire danoise à la concurrence, Frans Timmermans, néerlandais et actuel vice-présidente de la Commission et Manfred Weber, leader du PPE.

Margrethe Vestager, la reine des amendes aux GAFA, sera-t-elle la 1ère femme présidente de la Commission ?

Le vote en lui-même, annoncé pour mi-juillet, doit se passer de la manière suivante : le Conseil européen vote à la majorité qualifiée (55% des pays membres qui doivent représenter 65% de la population de l’UE) et ensuite le Parlement valide ou non à la majorité simple.

3. L’élection du président du Conseil européen

Le dernier vote concernant la tête d’une institution principale de l’UE est celui pour choisir le président du Conseil européen. Depuis le traité de Lisbonne (2007), le Conseil européen est représenté par une personne élue pour un mandat de 2 ans et demi (renouvelable 1 seule fois). Les chefs d’Etat et de gouvernement votent à la majorité qualifiée parmi des candidats déclarés (en général des anciens dirigeants).

Donald Tusk voit son mandat arriver à son terme et les rumeurs disent qu’Angela Merkel, en difficulté dans son pays, se verrait bien à la tête du Conseil…

4. Le diplomate européen et l’économiste numéro 1

Le Haut représentant pour l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité est nommé par le président de la Commission et le président du Conseil européen.

Quant au président de la Banque centrale européenne, il est nommé pour un mandat de 8 ans non renouvelables avec 5 autres personnes pour former un directoire. Il est choisi par les chefs d’Etat et de gouvernement des pays de la zone euro, sur recommandation du Conseil des ministres de l’Economie et consultation du Parlement européen. Il doit avoir une solide dans le domaine.

En clair, les prochaines semaines s’annoncent palpitantes et la saga du jeu d’échecs pour se placer ne fait que commencer…

Wassila ZOUAG

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