3 pays rejoindront-ils l’espace Schengen ?

La Roumanie, la Bulgarie et la Croatie négocient depuis plusieurs années leur entrée dans l’espace Schengen. Visiblement, les divergences sont trop grandes pour envisager une adhésion prochaine…

L’espace Schengen est composé de 26 États dont 22 font partie de l’Union européenne. Seuls l’Irlande, la Roumanie, la Bulgarie, Chypre, la Croatie – et le Royaume-Uni (en pleine crise du Brexit) n’en font pas partie. Chaque pays qui entre dans l’UE s’engage à adhérer à Schengen à terme. Depuis 1995, les frontières sont ouvertes et les libertés de circulation sont largement facilitées entre pays de la zone Schengen.

L’espace Schengen en 2019

La migration illégale, point noire d’une Europe de plus en plus populiste

Cependant, la crise migratoire intense qu’a connue l’Europe de 2015 à 2017 a quelque peu refroidi les envies d’élargissement. Les fermetures temporaires des frontières ont enclenché un débat quant à la gestion de Schengen.

La Roumanie et la Bulgarie sont en négociations depuis 2011, soit 4 ans après leur adhésion à l’Union. Depuis, d’énormes désaccords entre les États membres viennent ralentir et décaler leur intégration à l’espace Schengen. Pourtant, ces deux pays remplissent les critères de Schengen, peut-être même plus que certains pays qui y sont déjà.

La Croatie, benjamine de l’UE, subit de plein fouet les réticences à l’égard de ces pays, géographiquement proches. Sa proximité avec les Balkans et leur histoire commune ne viennent pas arranger les arguments en faveur de Schengen.

Pourquoi avoir aussi peur ?

Le vote d’adhésion à Schengen se vote à l’unanimité au Conseil. 26 pays doivent donc se mettre d’accord. Et nous savons que ce n’est jamais facile. D’autant plus que la plupart des États membres ont peur. Peur de quoi ? Peur du terrorisme, de la Russie, des trafics ou encore de la corruption. Il est vrai que ces 3 pays sont réputés pour avoir quelques soucis avec les éléments précédemment cités.

La Bulgarie se trouve sur la route des migrants vers l’Europe, point d’entrée des migrants et a un gouvernement très corrompu. La Roumanie est soumise à une enquête européenne pour l’État de droit, remis en question dans le pays. Quant à la Croatie, les trafics sont assez répandus.

Serait-ce des excuses ? Oui et non. Oui, car les stratégies politiques et les inimités s’en mêlent alors que les 3 pays remplissent les critères de Schengen. Et non, car les dangers dans ses pays existent réellement et ne pas pouvoir les contrôler amoindrirait l’Union.

Depuis mai 2018, le Parlement européen a officiellement demandé le lancement de la procédure d’adhésion à Schengen pour ces 3 pays. Mais les Pays-Bas, en la personne de Stef Blok, ministre des Affaires étrangères, ont réitéré clairement leur position défavorable à leur entrée, notamment celle de la Bulgarie. La France n’est guère plus enjouée.

Finalement, la question de leur adhésion se fera certainement encore attendre et sera le sujet de nombreux débats et négociations. L’Europe a plus urgent à gérer en ce moment.

Wassila ZOUAG