Femin’Histoire #34 : Virginia Apgar, maîtresse de la néonatalogie et du score d’Apgar

Vous connaissez son nom si votre nouveau-né a eu un « score d’Apgar » au tout début de son entrée dans notre monde. Anesthésiste, obstétricienne et chercheuse, Virginia Apgar a marqué l’histoire de la médecine en particulier de l’anesthésie et de la néonatalogie. Son nom est appris par les futurs médecins mais savent-il vraiment d’où il vient ?

Néé le 7 juin 1909 aux États-Unis, Virginia Apgar vient d’une famille ordinaire. Son père est cadre dans l’assurance et sa mère tient le foyer. L’un de ses frères est mort de la tuberculose, son autre frère souffre de maladies chroniques. Dès l’obtention de son diplôme de lycée en 1925, Virginia Apgar sait qu’elle veut devenir médecin.

Une femme qui aime étudier

Elle entame des études au Mount Holyoke College en 1929 de zoologie, de physiologie et de chimie. En 1933, elle est diplômée en chirurgie à l’Université de Columbia. Elle est malheureusement découragée par le Dr. Allen Whipple de faire de la chirurgie car, selon lui, beaucoup de femmes choisissent cette voie et n’arrivent pas à s’imposer. Il lui conseille de s’orienter vers l’anesthésie. Il voit le potentiel de Virgina Apgar et ce qu’elle pourrait apporter à cette discipline, encore mal reconnue dans les années 1930. Virginia part alors dans le Wisconsin puis à New-York compléter son palmarès de diplômes et sa spécialisation en anesthésie.

En 1938, elle est de retour à Columbia pour diriger le département d’anesthésie. C’est la première femme à ce poste. Elle entame alors un travail de recherches dans les domaines obstétriques et de néonatalogie. En 1953, elle met au point le premier jet du score d’Apgar. Elle avait remarqué que le taux de mortalité dans les premières heures d’un nourrisson restait constant et toujours fort alors que le taux de mortalité infantile général avait largement baissé entre 1930 et 1950.

Qu’est-ce que le score d’Apgar ?

Le score d’Apgar permet d’examiner un bébé à sa naissance et de limiter les risques de mort infantile. Il est noté de 0 à 2 – 2 étant le score optimal équivalant à une excellente condition de l’enfant. Il permet d’évaluer la santé d’un nouveau-né dès la première minute de sa vie. On teste le cœur, la respiration, la couleur, les muscles ainsi que les réflexes. Ses recherches ont ainsi induit une forte baisse de la mortalité des nourrissons.

Dans les années 1960 et encore aujourd’hui, le score d’Apgar est fortement utilisé.

Fin de vie

En 1959, Virginia Apgar continue les études et obtient un master en santé publique au célèbre Johns Hopkins. Elle consacre la fin de sa vie aux recherches, aux conférences et à parler de l’obstétrique.

Elle meurt le 7 juillet 1974 d’une cirrhose.

Son travail a été reconnu, mais seulement de manière posthume à partir des années 1990. Des timbres à son effigie sont créés en 1994, elle entre au National Women’s Hall of Fame en 1995 et Google lui consacre un doodle le 7 juin 2018, année de ses 109 ans.

Wassila ZOUAG