La Croatie veut adhérer à l’Euro

L’AFP en parlait dès le 4 juillet dernier : la Croatie a lancé la procédure d’adhésion à l’Euro. Le dernier pays a avoir intégré l’Union européenne en 2013 souhaiterait maintenant aller plus loin et obtenir la monnaie unique. Si tout se passe comme prévu, elle pourrait même l’utiliser d’ici trois ans et être, par conséquent, le 20è pays de la zone euro. Hérésie ou bonne idée ?

Fin juin, la Banque nationale de Croatie a enclenché la procédure visant à rejoindre le Mécanisme de change européen (ERM II) afin d’adhérer à l’Euro. L’ERM II, appelé « l’anti-chambre de l’Euro », est la première étape avant de pouvoir utiliser définitivement la monnaie européenne. Le pays des Balkans, qui a rejoint l’UE en 2013, espère ainsi intégrer l’ERM II d’ici la mi-2020 et la zone Euro trois ans plus tard.

Le Ministre des Finances croate, Zdravko Maric, a envoyé une lettre d’intention aux institutions européenne afin de préciser le plan de réformes que Zagreb entend entreprendre pour atteindre son objectif. «D’importants progrès dans la diminution des déséquilibres macroéconomiques» ont permis d’adresser cette demande, précise un communiqué de la banque nationale. «Le redressement économique, l’augmentation des exportations, la chute du chômage (…), la diminution de la dette ont amoindri la vulnérabilité de l’économie croate», a-t-on ajouté de même source.

Ces résultats ne sont pas si mauvais, puisqu’ils ont permis à la Croatie de quitter, en 2017, la procédure de déficit excessif. Pourtant, avec une entrée il y a seulement six ans, son économie est toujours l’une des plus faible du bloc. En avril, le salaire moyen était de 870€ et le taux de chômage était de 8,5%.

La population reste divisée sur la question. Entre 39 et 52% de Croates sont favorables à l’introduction de l’Euro dans leur pays, selon les sondages. Les dirigeants expliquent pourtant que la monnaie européenne pourrait leur apporter de nombreux bénéfices, dans la mesure où environ 80% des dépôts dans les banques sont réalisés en Euro et que les principaux partenaires économiques du pays payent en Euro.

Il faudra maintenant voir si l’ERM accordera à la Croatie la possibilité de payer en Euro dans trois ans.

Chloé LOURENÇO