« Fly me to the Moon » : 50 ans déjà !

« C’est un petit pas pour l’Homme, mais un bond de géant pour l’Humanité ». Cette phrase, prononcée par Neil Armstrong le 20 juillet 1969, aura marqué plus d’un Terrien. Et même si elle n’a pas pris une seule ride, elle fêtera demain ses 50 ans. 50 ans déjà que l’Homme a posé un pied sur la Lune, repoussant toutes les limites de ce que l’on croyait possible jusqu’alors. Pour l’occasion, Voix d’Europe vous propose de revenir sur cette incroyable aventure spatiale.

La course à l’espace s’engage le 4 octobre 1957, quand l’URSS lance, en pleine guerre froide, le premier satellite Spoutnik. En réaction, le Président américain Eisenhower annonce la création de la NASA, l’agence spatiale en charge des différents programmes. En 1962, le Président Kennedy promet qu’un Américain ira sur la Lune avant la fin de la décennie. Deux ans plus tard, la NASA lance son deuxième programme : Gemini. Neil Armstrong fera d’ailleurs ses armes de pilote grâce au programme Gemini 8. Un pas essentiel avant le début du programme Apollo, qui doit permettre d’alunir. Un jour.

Décoller et partir à l’aventure

Ce jour tant attendu arrive finalement le 16 juillet 1969. Il est exactement 9h32 lorsque le lanceur Starun V décolle de la base américaine de Cap Canaveral, en Floride. Que se passe-t-il dans la tête des trois astronautes du programme Apollo à ce moment précis ? Ils partent pour une mission héroïque, mais ils savent également que leur voyage sera peut-être sans retour. Près d’un million de personnes a fait le déplacement ce jour-là pour voir décoller la fusée, lourde de plus de 3000 tonnes. Le décollage est une réussite. Au sol, les responsables du programme se détendent, mais ce repos n’est que de courte durée. Tous savent que les différentes manoeuvres devant conduire Apollo 11 sur la Lune sont loin d’être terminées.

Deux heures après son lancement, Apollo 11 a réalisé une révolution et demi autour de la Terre : le troisième étage est rallumé pendant six minutes pour permettre au « train spatial » de s’arracher à l’attraction terrestre. Une demie-heure après cette opération, le module de commande se détache du reste du train spatial, et pivote de 180° pour venir s’arrimer avec le module lunaire. Il s’agit-là d’un passage délicat : une toute petite erreur, et Apollo 11 s’envole définitivement vers le Soleil, sans possibilité de retour. Heureusement, après un trajet de 3 jours, le vaisseau se place en orbite lunaire.

Faire alunir l’Aigle

Alors qu’Apollo entame l’objet principal de sa mission -c’est-à-dire alunir- Armstrong et Aldrin s’engouffrent dans le LEM, surnommé « Eagle » (Aigle, en français), symbole des Etats-Unis. Collins restera en orbite autour de la Lune pendant la mission. Sur Terre, 3 milliards d’humains suivent les premiers pas de l’ Homme sur la Lune. Sur la Lune, 2 autres hommes sont en train d’accomplir une mission héroïque. Et Michael Collins est seul, désespérément seul, dans son module de commande.

Armstrong prend les commandes du LEM et commence les procédures de descente. Malheureusement, le site d’alunissage repéré sur Terre avant le début de la mission, n’est pas tout à fait conforme : il est trop escarpé pour permettre au LEM de se poser. Avec le Soleil qui projette sur la surface lunaire des ombres de plus en plus importantes, Armstrong décide de se poser ailleurs, où la visibilité sera meilleure. Il descend lentement, optimisant au maximum les quelques litres de carburant qu’il lui reste.

Le dimanche 20 juillet 1969, à 20h17 UTC « Eagle » se pose dans la mer de Tranquillité, à 7 km du lieu prévu initialement. Avec les péripéties occasionnées pendant l’alunissage, Armstrong a dû prendre les commandes manuellement et n’a pas eu le temps de reconfigurer l’ordinateur de bord avec Houston. Personne sur Terre ne sait donc précisément où s’est posé le LEM. Les premiers mots d’Armstrong seront : « Houston, ici base de la Tranquillité. L’Aigle a aluni…« . Au sol, Charles Duke, le lien entre les astronautes et la Terre (le CAPCOM dans le jargon) répond : « Reçu, Tranquilité. Nous comprenons que vous êtes au sol. Il y avait un paquet de types ici qui était sur le point de mourir d’asphyxie. Mais nous respirions maintenant.« .

Malgré le soulagement et l’euphorie de l’évènement, Armstrong et Aldrin ne peuvent que brièvement observer la surface lunaire : dans l’éventualité d’un problème grave, ils doivent en effet se préparer pour un décollage immédiat et programmer l’ordinateur pour le rendez-vous en orbite avec Collins, opération qui dure environ deux heures. S’ensuit alors une longue séquence avant la sortie des astronautes : listes de vérification, pose des combinaisons spatiales et vérifications, dépressurisation du LEM.

On a marché sur la Lune !

L’échelle permettant de descendre sur le sol lunaire, ne s’est pas déployée entièrement lors de l’alunissage. Les deux astronautes devront donc sauter de près d’un mètre avant de poser le pied sur la Lune.

Buzz Aldrin photographié par Neil Armstrong

« C’est un petit pas pour l’Homme, mais un bond de géant pour l’Humanité ». Cette phrase mémorable est prononcée par Neil Armstrong le 21 juillet 1969 à 2h56 UTC, alors qu’il vient de marcher pour la première fois sur la surface du satellite de la Terre. On a marché sur la Lune, et cette fois, pour de bon. Quinze minutes après son coéquipier, Buzz Aldrin descend à son tour du module lunaire, et fait bien attention de ne pas refermer accidentellement le verrou de la porte derrière lui. Les deux hommes dévoileront une plaque commémorative et planteront le drapeau américain. Ils viennent d’entrer dans la légende.

Cette formidable aventure aura été suivie par des millions de téléspectateurs du monde entier, abasourdis par les images -de piètre qualité, mais quand même- qu’ils découvraient en Mondovision.

Le rêve dure 2h31. Armstrong et Aldrin n’avaient que 4h d’oxygène chacun pour déployer les instruments scientifiques, et effectuer les prélèvements de roches lunaires. Ils referment l’écoutille du module lunaire et s’apprêtent à lever l’ancre pour retrouver Michael Collins.

Le retour des héros

Redécoller de la Lune était sans doute la phase la plus périlleuse de la mission. Effectivement, personne ne savait réellement si le LEM allait réussir à repartir, à se propulser hors de la surface lunaire. Sur Terre, tout est prévu. Le Président Nixon a rédigé deux discours : l’un pour annoncer le formidable accomplissement de trois hommes, ou la mort de deux d’entre eux. Et Eagle s’arrache finalement à une vitesse remarquable.

Le rendez-vous entre le LEM et la navette Columbia avait été prévu à l’avance, avant le décollage vers la Lune. Seulement, l’alunissage n’a pas eu lieu au bon endroit, et par conséquent Collins ne sait pas où il va pouvoir retrouver ses deux amis. Lors de ses différentes orbites, il a tenté d’apercevoir le LEM depuis le module de commandes, mais en vain. Aucun des trois astronautes ne sait où et comment les retrouver. Et pourtant, au bout d’un moment, Eagle et Columbia se retrouvent, ce qui permet à Armstrong et Aldrin de quitter le LEM et de rentrer dans le module de commandes.

Il aura fallu trois jours de voyage pour alunir, il faudra également trois jours pour revenir sur Terre. Houston surveille de près l’arrivée des trois hommes, ce 24 juillet 1969. Une erreur dans les calculs serait fatale. Si l’angle d’entrée est trop aigu, Apollo 11 se désintègrerait. Si l’angle ne l’est pas assez, la navette rebondirait envoyant Armstrong, Aldrin et Collins dans le vide spatial.

A 16h50 UTC, le vaisseau pénètre dans l’atmosphère sans encombre et amerrit dans le Pacifique, au large des îles d’Hawaii. La mission est un succès mondial.

Les trois astronautes seront mis en quarantaine afin de les décontaminer d’éventuels virus extraterrestres. Pour les héros, une nouvelle vie commence. Ils feront plusieurs fois le tour de la Terre pour raconter leur odyssée dans diverses conférences. Pourtant, aucun des trois ne repartira jamais et gardera des séquelles. Armstrong, mort en 2012, ne reviendra jamais complètement de la Lune. Certains disaient à son sujet qu’une partie de lui était restée sur notre satellite. Aldrin mettra 15 ans à se guérir de son alcoolisme et Collins, lui qui n’a jamais posé le pied sur la Lune, écrira des best-sellers.

Une chose est sûre, 50 ans après, leur exploit reste encore pour de nombreux Terriens magique et fascinant. Joyeux anniversaire Apollo 11 !

Chloé LOURENÇO