[Rétrospective] L’avenir de l’UE en 2019

En cette veille des vacances, Voix d’Europe vous propose de revenir sur le début d’année 2019, riches en événements et rebondissements européens. Premier article : les élections et les changements politiques en cours.

Nous la savions tous, l’année 2019 serait cruciale pour tous les citoyens européens. Que nous soyons pro, anti, sceptiques ou fervents défenseurs de la machine européenne, les enjeux étaient plus que hauts. Au programme : les élections du nouveau Parlement européen et les nominations aux hauts postes des institutions européennes.

Des élections au parfum populiste

Du 23 au 26 mai dernier, les Européens étaient invités à voter pour leurs eurodéputés. Plus d’un citoyen sur deux s’est déplacé, un record depuis 1979 et la première élection au suffrage universel direct.

Depuis 2015 et la crise des migrants, l’Europe connaît une crise politique sans précédent. Les citoyens, cibles de fake news et de débats de peur, ont commencé à voter pour des partis extrémistes et populistes. Italie, Allemagne, Pays-Bas, Espagne, France, Hongrie, Pologne… La vague d’eurosceptiques opportunistes a déferlé et a presque rappelé les heures les plus sombres de l’Europe.

Les élections européennes 2019 étaient attendues pour cela. Quel poids obtiendraient ces pays qui détestent tant l’Europe mais qui se battent tant pour y avoir une place (et le salaire !) ? La réponse est à peu près 100 sièges sur 751 – soit environ 13%. A la fois un grand poids qui permet à ces populistes de créer un groupe et de bloquer les décisions. Et pourtant, c’est à la fois, bien moins qu’escompté. Les citoyens ont su se mobiliser pour limiter la casse et ont même voté vert ! Le réchauffement climatique est devenu central.

Depuis, ces populistes, qui se disaient amis et alliés, ont eu bien du mal à créer un groupe au Parlement européen. Pas les mêmes objectifs, pas la même communication. Un échec ?

Le statu quo va donc continuer en grande partie. Est-ce vraiment une bonne chose ? Quand on sait que la bulle bruxelloise semble toujours floue pour les Européens et qu’on ne sait pas réellement comment elle fonctionne, on se permet d’en douter.

L’avenir du Parlement européen reste ambigu et présage beaucoup de défis. L‘élection du socialiste David Sassoli a sa tête montre que les députés européens peuvent faire un front commun sur certains sujets. Mais le pourront-ils sur tous les autres ?

Les hauts postes institutionnels

Élections européennes riment avec renouvellement des « Top Jobs » européens. La présidence du Parlement change tout comme celle du Conseil européen. La Commission européenne change complètement également : une nouvelle présidence et un nouveau collège de commissaires viendront former la nouvelle équipe du Berlaymont.

Hasard du calendrier, la présidence de la Banque centrale européenne doit changer également en fin d’année.

Comme dit plus haut, l’Italien David Sassoli a succédé à son compatriote Antonio Tajani à la tête du Parlement pour 2 ans et demi, renouvelables.

Lors d’un Conseil européen extraordinaire le 30 juin 2019 et après de longues et âpres négociations, les chefs d’État et de gouvernement des 28 ont réussi à s’accorder sur les candidatures pour les hauts postes : l’Allemande Ursula von der Leyen comme présidente de la Commission, l’Espagnol Josep Borrell comme chef de la diplomatie, l’actuel Premier ministre belge Charles Michel comme président du Conseil européen ainsi que la Française et actuelle présidente du Fonds monétaire international Christine Lagarde pour la Banque centrale européenne.

Ces propositions doivent être soumises au vote des députés européens. Après les difficultés des 28 à s’accorder, vient la difficulté d’obtenir le feu vert des eurodéputés. Charles Michel est l’exception : choisi par les dirigeants européens, il n’a pas besoin de l’approbation du Parlement pour prendre ses fonctions au Conseil européen.

Ursula von der Leyen a été validée de justesse le 16 juillet dernier. Ses commissaires devront passer également à la casserole une fois que chaque État membre aura désigné un Commissaire et que la répartition annoncée tumultueuse des portefeuilles aura été effectuée.

Toutes ces décisions auront désormais lieu à la rentrée entre septembre et octobre. Et le feuilleton ne risque pas d’être un long fleuve tranquille.

Ce début d’année 2019 aura eu une actualité européenne bien chargée au grand bonheur des pro-Européens. Même si on ne s’y intéressait pas, le débat sur l’UE est devenu central parmi les 500 millions d’habitants du continent. Une bonne chose pour améliorer la situation ?

Wassila ZOUAG