[Rétrospective] Brexit : comme un mauvais feuilleton

En cette veille de vacances, Voix d’Europe vous propose de revenir sur l’un des évènements qui aura marqué l’année. Sortira ? Sortira pas ? Les nombreux rebondissements liés au Brexit auront amusé, parfois ennuyé souvent agacé les Européens. Retour sur le mauvais scénario d’un feuilleton interminable.

Mieux que Game of Thrones. Annoncé en juin 2016 avec une sortie prévue en mars 2019, le Royaume-Uni est finalement resté quelques mois de plus au sein de l’UE. Après avoir échoué à mettre en place le plan du Brexit demandé par une majorité de citoyens britanniques en 2016, la Première ministre Theresa May a démissionné en juin 2019. La tâche reviendra donc à Boris Johnson, qui lui succèdera. Mais après tant de revirements, quelles sont encore les options disponibles pour les sujets de sa Majesté ?

Qui pour remplacer Theresa May ?

Elle avait quitté le 10 Downing Street les larmes aux yeux, poussée dehors parce qu’elle n’arrivait pas à faire accepter le plan de départ de l’UE. Pourtant, Theresa May s’y était reprise à quatre fois. Comme elle s’y était engagée, la Première ministre britannique a annoncé sa démission du Parti conservateur -et par conséquent de son poste- le 7 juin dernier, mais se charge encore de gérer les affaires courantes le temps que son successeur ne soit désigné.

Hier, le nom de l’heureux élu est enfin sorti du chapeau ! L’ancien maire de Londres, Boris Johnson, a remporté le rôle -devançant Jeremy Hunt- malgré ses récentes bourdes à propos de l’UE, qui prouvent au mieux sa désinvolture, au pire son ignorance.

Effectivement, le 18 juillet dernier, il démontrait -brillamment – sa méconnaissance du fonctionnement de l’Union européenne en brandissant un hareng fumé, expliquant à qui voulait l’entendre que la réglementation européenne était trop contraignante et nuisait aux producteurs piscicoles. Selon lui, les bureaucrates de Bruxelles imposent désormais aux pêcheurs d’envoyer leurs poissons emballés individuellement dans une poche de glace. Oui mais voilà, le hareng en question ne provenait pas du Royaume-Uni, mais de l’Île de Man, une petite île perdue en mer d’Irlande et qui n’appartient pas à l’UE. Son erreur a d’abord fait sourire, avant d’entraîner la réaction de la Commission européenne.

« Le cas décrit par Boris Johnson n’entre pas dans le champ d’application de la législation de l’Union européenne et il s’agit exclusivement d’une compétence nationale britannique« , a déclaré Anca Paduraru, Porte-parole de la Commission chargée des questions de sécurité alimentaire. « Boris, l’île de Man n’est pas liée à la bureaucratie ‘inutile et nuisible’ de l’UE en matière de sécurité alimentaire dont nous sommes fiers car elle protège les consommateurs« , a tweeté le commissaire européen à la Santé, Vytenis Andriukaitis. « Vous avez omis de dire que l’île de Man n’est pas dans l’Union européenne« , a-t-il ajouté, évoquant des « fake news ». 

Accord de sortie, « No Deal » ou report du Brexit ?

Pour éviter un divorce brutal entre l’UE et le Royaume-Uni, les parlements européens et britanniques doivent entériner un accord de sortie et une déclaration politique devant encadrer les prochaines négociations. Le Royaume-Uni entrerait alors dans une phase de transition jusqu’au 31 décembre 2020. Deux ans qui devraient suffire à élaborer les futures relations entre le continent et le royaume d’Elisabeth II.

A l’inverse, si aucun accord de retrait n’est entériné, le Royaume-Uni sera considéré comme un Etat tiers… le jour-même du Brexit (c’est le scénario du « no deal« ). Cette date fatidique avait été fixée au 29 mars 2019, avant d’être repoussée in extremis au 31 octobre minuit. Mais si la Chambre des Communes ne tombait toujours pas d’accord à l’automne, le Brexit pourrait être annulé, reporté de nouveau ou entériné sans accord. Tous les scénarios sont encore possibles !

Boris Johnson, fervent partisan d’un Brexit dur, avait promis de sortir de l’UE « coûte que coûte ». Le temps dira s’il est davantage capable de tenir ses promesses en 2019 qu’en 2016. Effectivement, le nouveau visage du gouvernement britannique avait courageusement pris la fuite à l’annonce des résultats du référendum il y a 3 ans, à l’instar de Nigel Farage.

Dans tous les cas, Voix d’Europe vous tiendra au courant des derniers rebondissements du soap opera Brexit. Restez connectés !

Chloé LOURENÇO