Brexit : dans la tête de Sa Majesté

Le Brexit est très à l’honneur de Voix d’Europe cette semaine. Il faut dire que les évènements Outre-Manche sont scrutés, examinés et analysés sous toutes les coutures. Aujourd’hui, notre équipe revient sur une question qui turlupine de nombreux Britanniques et tout autant d’Européens. Que peut bien penser la Reine, Elizabeth II ?Alors que Boris Johnson tente désespérément de sortir d’une crise politique sans précédent, les spécialistes royaux essayent de percer le mystère…

Il faut dire que la question a de quoi fasciner. Son règne n’a pas toujours été de tout repos; elle a connu l’après-guerre, la crise des années 1980 et des remous dans son cercle familial. Mais en 67 ans de règne, la Reine Elizabeth II connaît sa plus longue et sa plus profonde période d’incertitudes quant à l’avenir de son pays. Et depuis 3 ans, depuis cette fameuse nuit de juin 2016, une question taraude les médias et ses sujets. Que pense-t-elle du Brexit ? En est-elle satisfaite ? Est-elle résignée ?

Quelques semaines avant le référendum, The Sun, le tabloïd le plus lu au Royaume-Uni, titrait « La Reine soutient le Brexit ». Tony Gallagher, rédacteur en chef, affirme même détenir plusieurs sources. En privé, Sa Majesté aurait formulé des critiques sur l’Union Européenne. La chose est facile, me direz-vous, lorsqu’il s’agit d’associer UE et Royaume-Uni.

Mais en 2017, en ouvrant la nouvelle session parlementaire à Westminster, elle arbore fièrement un chapeau bleu à fleurs jaunes, certains y voient un signe : la Reine est certainement pro-européenne. Est-ce pour elle le moyen de faire taire les fantasmes les plus fous. La Reine, âgée aujourd’hui de 93 ans a toujours été d’une neutralité absolue, sur le Brexit comme sur les autres sujets politiques.

Elle règne, son Premier Ministre gouverne. Pourtant, elle se retrouve aujourd’hui un peu coincée dans ses positions. Effectivement, elle doit donner son assentiment royal comme l’exige le protocole. Son rôle de chef-d’Etat lui impose d’être au-dessus de tous les partis politiques. Mais peu importe l’issue du Brexit, peu importe ce qu’elle pense, finalement elle se mettra forcément des gens à dos.

En théorie, en l’absence de constitution écrite, rien n’empêche la Reine de ne pas signer une loi, ou de ne pas approuver une décision de son Premier Ministre. Mais Elizabeth II ne l’a jamais faite, et on sait qu’elle a, en revanche, toujours été très à cheval sur l’étiquette et le protocole.

Chloé LOURENÇO