Christine Lagarde : 1ère femme à la tête de la BCE

Christine Lagarde a été confirmée par le Parlement européen pour prendre la présidence de la Banque centrale européenne. Elle prendra ses fonctions le 1er novembre 2019, en même temps que la nouvelle Commission européenne.

Pionnière dans toutes ses fonctions

Avocate au barreau de Paris, Christine Lagarde a souvent été la 1ère femme dans les fonctions qui lui ont été attribuées. Avocate d’affaires chez Baker et Mackenzie, elle devient la 1ere femme et la 1ère personne non-américaine à occuper le poste de président du comité exécutif mondial à Chicago en 1995.

C’est en 2005 qu’elle est appelée dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre de Jacques Chirac. Elle entame alors sa carrière politique. D’abord Ministre déléguée au Commerce extérieur, elle devient ensuite Ministre de l’Agriculture et de la Pêche sous Nicolas Sarkozy en juin 2007. C’est la 2ème femme à occuper ce poste.

Un mois après, François Fillon la nomme Ministre de l’Économie et des Finances. Elle est alors la 1ère femme à occuper cette position, non seulement en France mais également parmi tous les pays du G8 (les 8 premières puissances mondiales). Elle y restera jusqu’à sa nomination au Fonds monétaire international en 2011.

Souvent reconnue comme une femme de poigne et influente, Christine Lagarde a su s’imposer dans un monde d’hommes et gagné le respect. Malgré quelques scandales et des « gaffes », sa réputation n’a pas trop pâti.

En juin 2011, elle prend la tête du FMI. Première femme et sans expérience du monde bancaire, elle a dû gérer les crises mondiales et les manques de ressources. Sa maîtrise parfaite de l’anglais a été un réel atout. Après 8 ans, son mandat arrivait à son terme et coïncidait avec la fin du mandat de Mario Draghi à la BCE. Le Conseil européen propose Christine Lagarde.

Arrivée à l’économie européenne

Début juillet, le Conseil européen propose son nom pour la BCE. Elle démissionne le 16 juillet 2019 du FMI, démission effective à partir du 12 septembre.

Elle est entendue par les eurodéputés à partir de la rentrée 2019. Le nouveau Parlement européen se remet en route et les auditions des prochains dirigeants de l’UE sont les priorités du programme européen. Avec peu d’expérience dans les banques et un bilan mitigé au FMI, Christine Lagarde a dû montrer son implication, sa maîtrise du sujet et ses motivations.

Et visiblement, Christine Lagarde a su les convaincre ! Lors de la dernière session plénière du Parlement européen, les députés européens ont voté à 394 en faveur de la candidature de Mme Lagarde (avec 49 abstentions et 206 voix contre) . Ce vote est secret et non-contraignant mais montre le soutien majoritaire des Parlementaires de l’UE.

Le Conseil européen, qui se réunira mi-octobre, devrait sans problème valider et confirmer Christine Lagarde comme présidente de la BCE.

Wassila ZOUAG